Ce matin dans l’édito carré, la découverte d’un lien entre les cheveux blancs et le système immunitaire.

Souvenez, nous sommes dans la nuit du 16 octobre 1793. A 4h30 du matin la reine Marie Antoinette apprend qu’elle est condamnée à l’échafaud par le tribunal révolutionnaire. Elle n’en a plus que pour quelques heures à vivre. Des témoins racontent que sous effet du stress, la chevelure de la souveraine se serait mise à blanchir entièrement !Bon mais tout ça ne serait qu’une légende. 

Cependant, on peut aisément imaginer que la souveraine ce soit fait quelques cheveux blancs à l’idée de perdre la tête. Depuis longtemps les scientifiques travaillent sur la question du blanchissement des cheveux, mais comme aucun cobaye humain n’accepte de se faire décapiter juste pour voir si ses cheveux changent de couleur, les chercheurs font plutôt appel à des souris. Je rassure tout de suite les amis des rongeurs, dans l’étude qui nous intéresse, aucun mammifère n’a dû passer à la guillotine au nom de la science.  

Et qu’ont découvert les chercheurs ? 

Et bien que le système immunitaire joue un rôle important dans le grisonnement des poils chez la souris. Les scientifiques de l’Université de l’Alabama qui ont mené ces travaux publiés dans la revue Plos Biology, ont identifié un lien direct entre les gènes associés à la couleur des cheveux et ceux qui contrôlent le système immunitaire de l’animal. Et ça c’est une découverte. Ces gènes sont sous le contrôle de protéines appelées « Mitf » qui ont pour fonction principale de fabriquer la mélanine.

Ces protéines agissent un peu comme un bouton On/Off en fonction des évènements. Normalement, lorsque nous attrapons une infection virale, Mitf empêchent les cheveux de perdre leurs mélanocytes, ces cellules présentent dans le follicule pileux et qui donnent le pigment à nos cheveux. Ces protéines contrôlent également les molécules qui sont produites par les cellules lorsqu’elles détectent un envahisseur comme un virus. Molécules qui sont nos boucliers naturels et qui entrent en action pour combattre les agressions extérieures.

Lorsque les scientifiques ont inactivé ces protéines Mitf, en appuyant sur le « Off » de l’interrupteur génétique, ils ont observé une augmentation inattendue des gènes de l’inflammation. Une vraie surprise. Les gènes ne jouaient plus le rôle de barrière et les poils des souris se sont mis à grisonner face aux cellules infectées. C’est cette double casquette des gènes responsables à la fois de la pigmentation et de l’immunité qui pourraient expliquer pourquoi de nombreuses personnes se mettent à avoir des cheveux gris ou blancs suite à un stress ou à une maladie. 

Mais sur l’homme est-ce que cela fonctionne de la même manière ? 

C’est tout l’enjeu d’une telle recherche, que d’être capable de passer du modèle animal à l’homme. Mais les chercheurs dans leur publication annoncent qu’ils vont poursuivre le travail et que cette découverte pourrait permettre par exemple de lutter contre des maladies comme le vitiligo, cette dépigmentation de la peau dont souffrait Michael Jackson. En tous les cas cette étude aura donné une véritable explication scientifique à l’expression « se faire des cheveux blancs ».  

L'équipe
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.