Ce matin dans l’édito carré, on plonge dans les grands fonds marins…

Comment se déroule la vie près des volcans sous-marins ?
Comment se déroule la vie près des volcans sous-marins ? © Getty / ANATOLI MYSHLYAEV

Oui Nicolas et direction le large des Açores dans l’Atlantique Nord à bord du navire de l’IFREMER le « Pourquoi pas ? » où se trouvait il y a quelques jours, le chimiste Pierre Marie Sarradin. L’objet de sa présence était une mission d’exploration des sources hydrothermales qu’il compare aux « oasis » des fonds marins.  

Depuis 10 ans les scientifiques mènent des recherches au-dessus d’un volcan sous-marin qui se trouve en limite des plaques tectoniques de l’Afrique et de l’Amérique. C’est là, immergé à 1700 mètres de profondeur sur un lac de lave fossilisé qu’ils ont installé un observatoire autonome-  EMSO-Açores- qui ressemble à une station spatiale.  

Et quel était l’objet de cette campagne d’observations ?  

L’idée était d’en savoir plus sur la biodiversité des grands fonds et sur les sources hydrothermales pour essayer de comprendre par exemple comment des organismes vivants sont capables de peupler des zones si hostiles où les températures peuvent avoisiner les 400°C. 

Le site d’un kilomètre carré qui est étudié s’appelle Lucky Strike et on y trouve une cheminée hydrothermale de 15 mètres de hauteur qui a été baptisé « Tour Eiffel » et d’où s’échappent des fluides extrêmement chauds, des acides chargés en gaz et des métaux lourds.   

C’est autour de ces cheminées que se concentre toute une population d’espèces très variées.  

Par exemple ?  

On y croise Nicolas des créatures tout à étrange comme ce ver géant qui est considéré comme l’une des espèces emblématique des sources hydrothermales. Il peut en effet atteindre des tailles spectaculaires de plus de deux mètres. Son nom est Riftia Pachyptila et il n’a ni bouche, ni tube digestif, ni anus. Pour se nourrir, cet animal étonnant possède un corps rempli d’un grand sac dans lequel vivent des bactéries chimiosynthétiques qui se chargent de lui préparer ses repas.  

Ce ver évolue dans des fluides où les températures oscillent entre 20 et 25 degrés et il sert aussi d’abri et de refuge à plusieurs autres espèces. 

Les scientifiques viennent également de découvrir une moule incroyable avec une horloge interne basée sur le rythme des marées ! On pensait pourtant jusqu’à maintenant que le facteur temps n’existait pas à des profondeurs comme celles-là. On peut donc dire que les moules des grands fonds ont le rythme dans la coquille !  

Ces écosystèmes si particuliers n’ont été découverts que dans les années 70 et ils représentent un environnement dynamique avec une faune très variée, de nombreuses zones sismiques et une tectonique active.   

Avant, précise Pierre Marie Sarradin on n’imaginait pas que les couches d’eau pouvaient se mélanger. Aujourd’hui on comprend que tout est lié et qu’il y a des connections permanentes entre le fond et la surface de l’océan.  

La vie dans les sources hydrothermales on en parle cet AM dans la Terre au carré.  

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