L’Accord de Paris fête ses 5 ans… Et qu’en est-il cinq ans après la conclusion de l’Accord ?

Les Accords de Paris ont cinq ans
Les Accords de Paris ont cinq ans © Getty / Jed Share/Kaoru Share

Le 2 juin 2017, c’est un homme très en colère qui sort du silence imposé par sa nouvelle fonction de président du Conseil constitutionnel. Et signe de son exaspération, il réactive même son compte Twitter laissé silencieux depuis son départ du gouvernement pour y poster un message au vitriol contre Donald Trump qui a décidé de retirer les Etats-Unis de l'accord de Paris sur le climat.  

Sur le tweet on peut lire :  

Cette décision est une faute historique majeure/ contre la planète/ contre l’humanité/ justifiée par des mensonges   

Cet homme qui ne décolère pas contre le Président américain c’est Laurent Fabius.  

Celui qui fut ministre des Affaires étrangères et, à ce titre, président de la COP21 en 2015, a sans doute en tête les deux semaines de négociations marathon au Bourget qu’il a portées et ce 12 décembre 2015 lorsqu’il déclare l’adoption de l’Accord de Paris. A cet instant précis, l’heure est à la liesse mais aussi à l’émotion. On se souvient de la voix étranglée d’un Laurent Fabius au bord des larmes.  

Cinq ans plus tard, l’accord de Paris est entré juridiquement en application. Rappelons que son objectif est de limiter à 2100 le réchauffement climatique à 2°C et même à 1,5°C par rapport à l’ère préindustrielle. Le texte fixe également comme objectif la neutralité carbone pour 2050.  

Et qu’en est-il 5 ans après la conclusion de l’Accord ?  

Et bien ni les résultats constatés ni les évolutions prévisibles ne correspondent aux engagements pris. La trajectoire fixée à Paris n’est pas respectée par la communauté internationale.  

Les 10 principaux pays producteurs d’énergies fossiles vont dépasser largement les limites de l’Accord et quant aux émissions de gaz à effet de serre elles ont augmenté en moyenne de 1,5% chaque année pendant la dernière décennie.  

Dans ce combat pour le climat, 2020 devait être l’année clé puisque tous les Etats devaient faire connaître leurs nouveaux engagements climatiques pour le futur, rehaussés par rapports aux précédents. Et puis la catastrophe sanitaire liée au coronavirus a bouleversé ce calendrier.  

Laurent Fabius évoque à ce sujet un « giga paradoxe » en expliquant que la menace individuelle de la mort, directement associée au coronavirus, effraie bien plus l’opinion publique que la perception des conséquences du réchauffement climatique pourtant beaucoup plus redoutables que celles de la Covid-19.  

Pourquoi ce paradoxe ?  

Le problème avec le réchauffement climatique c’est qu’il donne le sentiment d’un problème lointain à résoudre pour dans cinquante ans alors que l’action doit être menée maintenant.  

En attendant il y a une échéance très prochaine que Laurent Fabius a certainement dans son viseur : ce sont les élections présidentielles aux Etats-Unis. "Si l’actuel Président est réélu", écrit-il, "le démantèlement des règles environnementales va continuer (…) et ce choix va peser bien au-delà des frontières de la première puissance mondiale".  

Laurent Fabius publie Rouge carbone et il sera notre invité cet après-midi dans la Terre au Carré.  

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