Une nouvelle piste pour sauver les guépards, une espèce menacée, dont il ne resterait que 7000 individus aujourd’hui, alors qu’ils étaient 100 000 au début du 20ème siècle.

Leur habitat se réduit plus vite que leur vitesse de pointe (110km/h, c’est l’animal terrestre le plus rapide de la planète), et surtout - cause principale de leur déclin - les fermiers ont le droit de les tuer pour protéger leurs troupeaux dans certains pays encore peuplés de guépards comme la Namibie. Mais une étude, relayée par le magazine Science, a peut-être la clé : une solution assez simple existerait pour que la cohabitation se passe bien, car tout cela ne serait le résultat que d’une énorme incompréhension entre homme et animal. 

Il y a quoi dans cette étude ? Et bien l’équipe de scientifiques autrichiens a suivi 106 guépards évoluant au milieu de 11 000 km2, cernés par des ranchs, entre 2007 et 2018. Et elle a remarqué que les guépards utilisent certains arbres, ou rochers, comme un repère… « Une sorte de bistrot où vous avez des chances de vous faire des potes », racontent les chercheurs… Bistrot dont le patron, toujours un mâle dans le monde des guépards, imprime sa marque avec son urine. Prêt à accueillir les femelles en chaleur, ou d’autres mâles à la recherche d’un territoire à partager. Des lieux de passage, qui résistent au temps qui passe… C’est-à-dire que l’arbre ou le rocher marqué une première fois restera le repère des années + tard, même si le patron guépard change. Et c’est là qu’est la clé !  

Pourquoi ? Parce que si les guépards se font tirer dessus par les fermiers, c’est parce qu’ils attaquent les troupeaux de veaux ou de moutons, faute de proies suffisantes à l’état sauvage (les antilopes, gazelles, ou autres phacochères se font rare). Et il peut arriver que ces troupeaux soient installés à proximité directe du bistrot – enfin de l’arbre ou rocher repère. Donc en sachant où se rassemblent, et où zonent, de fait, les guépards, on peut mettre des choses en place pour les éviter. Par exemple, déplacer les troupeaux… 6 des 35 fermiers du coin ont accepté de faire le test, en installant leur bétail loin des repères guépards. Résultat : 86% d’attaques en moins ! L’effet est incontestablement bénéfique. Et bien la preuve pour les scientifiques que comprendre le comportement des animaux sauvages et très important avant de mettre en œuvre des programmes de protection, pour qu’ils ne soient pas voués à l’échec. Désormais tous les fermiers de la zone étudiée, et même plus loin en Namibie, se tournent vers l’équipe de chercheurs, et sa solution très simple, au final. Pendant que les guépards, eux, survivent comme ils peuvent tranquilles peinards accoudés au comptoir.

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