Les rats sont-ils si nombreux à Paris ? Suite à cette vidéo postée sur le web par un éboueur parisien qui montre des rats en train de pulluler dans une benne à ordures de la capitale, Mathieu Vidard a voulu en avoir le cœur net. Il est allé interroger un spécialiste de l'animal.

Oui et ces images postées dimanche sur le site du Parisien et filmées en décembre sur les berges de la Seine ont fait pousser des cris d’orfraie à tous les phobiques du gaspard. Il faut dire qu’entre dégoût et inquiétude, la vision de ces dizaines de rongeurs grouillants et voraces, avait de quoi vous retourner l’estomac. Dans cette même vidéo, un éboueur de la ville de Paris dénonçait la prolifération et les attaques des murinés enragés.   

Ni une ni deux, face à cette invasion au cœur de la capitale, j’ai contacté Pierre Falgayrac, consultant indépendant en lutte raisonné contre les rongeurs nuisibles

Entre deux Alertes Google rats, il a accepté de me livrer sa version des choses.

Et alors qu’est-ce qu’il vous a dit sur les envahisseurs ?

Et bien selon notre homme, Rattus norvegicus, le nom savant donné au rat d’égout, ne serait pas du tout en train d’envahir la ville. Paradoxalement, alors qu’on a  l’impression d’en voir plus, leur population n’augmenterait pas. 

Les rats, qui sont de grands timides craintifs et nyctalopes, évitent de sortir le jour. Ils passent habituellement les ¾ de leur temps planqués dans les corps creux des villes comme les égouts qui sont pour eux des lieux d’hébergement privilégiés. Mais les rats qui détestent les vibrations des pelleteuses et des marteaux-piqueurs se voient parfois obligés de changer de crémerie. Lorsque les travaux sont nombreux, comme en ce moment, ils se risquent à sortir à l’extérieur au péril de leur vie en quête d’une nouvelle résidence et de quoi manger. 

Il faut dire que la bête a de gros besoin puisqu’elle consomme 10% de son poids en nourriture. Ceux qui ont été filmés dans la benne à ordure parisienne devaient être affamés et dans une situation précaire. Chez les rats, seuls les plus costauds parviennent à survivre en cas de migration forcée.

D’accord mais comment éviter ceux que l’on croise en grand nombre ? 

Le plus important selon Pierre Falgayrac c’est d’avoir une gestion des ordures qui prend vraiment en compte le mode de vie et le comportement de cet animal. Car le rat est d’une intelligence redoutable, capable d’adapter ses habitudes aux horaires des éboueurs et même de sortir au rythme des feux rouges. 

Ses capacités cognitives lui permettent d’apprendre à une vitesse fulgurante en faisant des déductions par comparaison d’expérience afin d’éviter les pièges. Un aliment qui rendra malade un congénère ne sera plus consommé par les autres. Les mères apprennent aussi à leurs petits à s’écarter de certaines odeurs ou matières dangereuses. Et si l’un d’eux se fait attraper, son cri de douleur sera transmis au reste de la communauté. 

La règle pour éviter d’attirer le surmulot est donc de maintenir une propreté urbaine irréprochable : corbeilles inaccessibles, aucune poubelle sur les trottoirs et horaires de passage des ordures laissant peu de temps entre le dépôt et le ramassage.  

Mais l’animal est très malin et nul doute que malgré les opérations de dératisation, il va falloir cohabiter avec lui encore pendant un bon moment.   

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