Intéressons-nous à l’impact des éoliennes en mer sur la faune marine. À partir de l’année prochaine, des dizaines d’éoliennes de très grandes puissances seront mises en service au large de Saint-Nazaire, du Tréport, de Dieppe, de Fécamp et de Noirmoutier.

Les éoliennes offshore
Les éoliennes offshore © Getty / guowei ying

Un développement qui correspond aux objectifs du gouvernement d’augmenter de près de 40% les capacités de ces éoliennes en mer, notre pays étant très en retard par rapport au reste de l’Europe. 

On ne compte en effet aucune éolienne offshore en activité pour le moment, alors que la France détient la deuxième surface maritime mondiale avec ses onze millions de kilomètres carrés. Le potentiel est donc énorme. 

Mais ces projets ne font pas que des heureux. Ils sont décriés par certains pêcheurs et divisent les associations environnementales au sujet de leurs conséquences possibles sur les ressources halieutiques (ressources vivantes, animales et végétales marines) et la biodiversité. 

Et que sait-on actuellement de leurs effets sur le milieu marin ? 

Pour le savoir, le chercheur Antoine Carlier de l’Ifremer, l’Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer, réalise depuis dix ans une synthèse des connaissances sur tout ce qui est connu en Europe concernant l’impact des éoliennes en mer lors des phases de travaux et d’exploitation. 

Les 4000 éoliennes installées en mer du Nord offrant un échantillon très représentatif pour étudier les nuisances. 

Selon Antoine Carlier, le constat général, avec le recul, ne montre pas d’impacts majeurs sur les écosystèmes marins et les oiseaux. 

Le principal impact potentiel concerne les mammifères marins qui sont dérangés par le bruit durant les travaux et non les poissons ou les crustacés. Sachant que pendant la phase d’installation d’une éolienne qui dure moins d’un mois, des rideaux de bulles d’air sont installés autour du chantier pour atténuer la propagation des ondes sonores. Il a été observé que les mammifères marins quittent le chantier pendant les travaux mais qu’ils y reviennent une fois la construction achevée. 

Concernant les collisions avec les oiseaux marins, le taux de mortalité est faible. Cependant si les éoliennes sont installées dans une région où vivent des espèces menacées, elles peuvent avoir un grave impact sur ces espèces. 

Même chose si les machines se trouvent sur des routes migratoires. 

D’autres études ont été menées sur les animaux marins ? 

Des travaux ont été réalisés sur des poissons cartilagineux pourtant très sensibles aux champs électriques comme les requins ou les raies, ou sur des crustacés comme des bébés homards. Ils n’ont montré aucun changement de comportement au voisinage des câbles sous-marins qui rapportent à terre l’électricité.

Et figurez-vous que les chercheurs ont même observé ce qu’ils appellent un « effet récif » :

Les éoliennes en mer plantées sur les fonds sablonneux créent des refuges et attirent toutes sortes d’espèces qui viennent consommer les invertébrés qui s’y sont fixés, comme les moules. 

Les chercheurs affirment qu’il y a  aujourd’hui des preuves irréfutables que le milieu marin favorise plus d’espèces au voisinage d’une éolienne. 

Si ces résultats vous étonnent, la synthèse des connaissances est disponible sur le site de l’IFREMER et nous en parlerons plus longuement ce jeudi 23 janvier 2020, dans la Terre au Carré

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