On pourrait parler d’une l’épidémie dans l’épidémie tellement le flot de fausses informations est impressionnant. De Mamie Craquotte qui conseille la tisane à l’eucalyptus jusqu’au vidéaste qui fait le buzz en affirmant que le virus a été créé en laboratoire, tout le monde s’improvise expert ou dénicheurs de complot

Alcool, cocaïne, urine d'enfant et tisane à l’eucalyptus : retour sur les fake news autour du coronavirus
Alcool, cocaïne, urine d'enfant et tisane à l’eucalyptus : retour sur les fake news autour du coronavirus © Getty / BSIP/UIG

Le sociologue Gérald Bronner rappelle que lorsque la vague épidémique est arrivée sur la France et que le danger est devenu réel, l’attention collective s’est d’abord dirigée vers les conseils des scientifiques, des médecins, des épidémiologistes, les infox restant d’abord confinées en bordure du marché de l’information. Et puis tout d’un coup avec le confinement, l’incendie des fausses informations et des conseils nuisibles est reparti de plus belle. 

Dès le début de l’épidémie on a vu par exemple fleurir sur les réseaux sociaux des recommandations affirmant que la cocaïne ou l’urine d’enfant serait efficace contre le COVID-19. Bon… Sauf que le 9 mars en Iran, 27 personnes sont décédées en consommant de l’alcool frelaté, du méthanol en l’occurrence, à la suite de rumeurs expliquant que celui-ci pouvait soigner la maladie. Un exemple de ce que ces conseils peuvent produire de pire. 

Quel est l’autre aspect problématique de ces fausses informations ? 

Ce sont ces théories du complot qui suscitent une très large audience. L’exemple le plus récent concerne donc cette vidéo conspirationniste d’un pseudo lanceur d’alerte qui affirmait que le coronavirus a été créé "en laboratoire" et "breveté". Cette vidéo totalement fausse est rapidement devenue virale et l’Institut Pasteur qui a été directement mise en cause dans la vidéo a dû publier un démenti sur son site Internet.  

Les épidémies, précise Gérald Bronner, provoquent souvent des rumeurs puisque l’on cherche rapidement à savoir d’où elles viennent. Et la question sous-jacente est toujours "Qui est le coupable ?" Le problème aujourd’hui, poursuit le sociologue, avec ces théories du complot c’est que dans un contexte difficile et étouffant de confinement, la tentation de trouver un responsable moral va être de plus en plus forte. Sur le marché cognitif, le produit conspirationniste risque de mieux se vendre. 'Pourquoi respecter les règles de confinement si des salauds ont créé de toute pièce le coronavirus ?' Ces théories du complot pourraient être très dangereuses en soufflant sur les braises de la lassitude et de la colère de nos compatriotes. Les journalistes comme les institutions scientifiques ont donc actuellement un gros travail à faire pour déjouer ces fausses informations et informer le public de leur nocivité. 

Gérald Bronner milite de son côté pour que l’esprit critique soit enseigné à l’école et à l’université afin d’empêcher "les épidémies de crédulité de se développer sur le Web".

En attendant libre à vous de vous préparer une tisane à l’eucalyptus si le cœur vous en dit, mais sachez qu’elle ne fera strictement rien contre le coronavirus. 

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