Ce matin dans l’édito carré il y a une drôle odeur de fioul…

Oui et désolé Nicolas, car au départ cela partait d’un bon sentiment puisque je voulais tous vous inviter à prendre l’air et à embarquer pour un voyage en cargo. Vous savez ces gigantesques porte-conteneurs qui sillonnent les océans et que l’on voit avancer au loin sur la ligne d’horizon, majestueux et silencieux. 

Ils ont de la gueule ces navires de la marine marchande avec leurs noms mythiques comme le Bougainvilliers, le Jules Verne ou le Marco Polo. Et que dire des mensurations délirantes de ces bateaux qui peuvent mesurer en longueur la taille d’une Tour Eiffel et dépasser les 150 000 tonnes en pleine charge. 

J’avais donc l’intention, de vous faire grimper sur l’échelle de coupée pour vivre une expérience hors du commun à 40 mètres haut au-dessus de la ligne de flottaison. Et puis patatra Nicolas tout s’est cassé la figure.

Et pour quelle raison ?  

Et bien parce que j’ai découvert, aussi dépité qu’un cabillaud pris dans les mailles d’un filet, que la pollution générée par le transport maritime était tout simplement catastrophique. Les cargos qui acheminent plus de 90% des marchandises de la planète génèrent une pollution digne des pires heures de l’ère industrielle. 

Selon France Nature Environnement qui mène l’enquête depuis trois ans, l’impact des navires marchands et des bateaux de croisière qui utilisent essentiellement comme carburant, du fioul lourd, un sous-produit du pétrole ; émettent des quantités d’émissions de particules fines dans l’air bien plus dangereuses que l’automobile. Contre toute attente ce ne sont pas les émissions de CO2, qui posent le plus de problème, mais les oxydes de soufre qui sont extrêmement toxiques.

Imaginez que les 15 plus gros navires présents sur les mers du globe répandent à eux seuls, plus de soufre que toutes les voitures en circulation sur la planète et cela sans aucun système de filtration.

Ces émissions seraient responsables du décès prématuré de 60 000 personnes en Europe chaque année. 

Un problème de santé publique qui concerne les populations vivant en milieu portuaire, mais aussi les touristes et bien sûr les équipages. 

Est ce qu’il y a des alternatives possibles ? 

Oui elles existent et une vague écolo semble émerger. Des projets de cargos tractés par des cerfs-volants ou propulsés par des éoliennes sont bien avancés et sont pris au sérieux.

Et puis on apprenait il y a 15 jours que la CMA CGM, la grande compagnie maritime française, va abandonner en 2020 le fioul au profit du gaz naturel liquéfié. Une alternative très intéressante puisque ce GNL devrait réduire de 100% la pollution en soufre. Mais attention à ne pas peindre un peu trop tôt la mer en vert, car le Gaz naturel liquéfié reste un combustible fossile qui n’est ni durable, ni conforme aux accords climatiques internationaux en matière de décarbonisation du transport. Il s’agit donc d’une alternative momentanée le temps d’aller vers des sources d’énergie renouvelables. 

Il nous faudra donc attendre encore un peu Nicolas pour que notre croisière s’amuse sur des cargos moins crados ! 

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