Celui du domaine de Chantilly, dans l’Oise, où voguent paisiblement les élégants oiseaux, qui attirent des visiteurs bien particuliers : des voleurs.

Cygne devant le domaine de Chantilly
Cygne devant le domaine de Chantilly © Maxppp / OLIVIER BOITET

Un cygne a été dérobé à la fin de l’été, et un autre est passé à 2 doigts, quelques jours plus tard, sauvé par la vigilance des gardiens.

Et il n’y a pas que les cygnes ! Des carpes l’ont aussi échappé belle dans les étangs du château, début novembre : 6 petits malins ont cru pouvoir profiter tranquillement du confinement pour passer à l’acte, avant d’être pris la main dans le sac, et arrêtés… Car ces vols sont illégaux... Si vous pensiez que le braconnage n’existait qu’au bout du monde avec des rhinocéros, des tortues ou des pangolins, sachez qu’il se pratique aussi à côté de chez vous en France métropolitaine.

Mais dans quel but ?

Alors là, c’est pareil quel que soit le pays : le commerce, bien sûr. Les cygnes peuvent se revendre plusieurs centaines d’euros, à des propriétaires qui auraient envie d’orner la mare de leur jardin de luxe - les mêmes en général (besoin d’exotisme oblige), susceptibles de faire venir un bébé tigre du Maghreb comme animal de compagnie, très à la mode en ce moment parait-il… 

Les carpes, elles, partent à 6.000 euros sur le marché noir, on a même déjà vu 20.000, pour en faire des trophées dans les parties de pêche. Gros succès également pour les civelles (les jeunes anguilles), très braconnées du côté de la Loire-Atlantique en particulier, et revendues jusqu’à 7000 euros le kilo en Asie. Il y a aussi du trafic de faucons, envoyés au Moyen-Orient pour aider les émirs dans leurs parties de chasse dans le désert, ou de chardonnerets, ces jolis petits oiseaux chanteurs très recherchés par les braconniers, de la région parisienne au sud-ouest, où l’un d’entre eux vient d’être condamné à 8 mois avec sursis et 90.000 euros d’amende pour avoir capturé et revendu 8.500 oiseaux en 6 ans. 

C’est donc un dossier dont se sont emparées les autorités ?

Oui car la plupart des espèces braconnées sont protégées, et souvent en danger, c’est le cas des chardonnerets ou des civelles… Idem pour le lynx, dans le Jura, où une femelle a été retrouvée il y a quelques jours, mais morte, cette fois. Car le braconnage est aussi une façon pour certains de se débarrasser des nuisibles, ou disons plutôt de la concurrence.. Les lynx - en l’occurrence - chassent beaucoup le chevreuil, et ça ne fait pas les affaires de tout le monde. Mais il reste difficile de mettre la main sur tous les auteurs, ou sur ceux qui profitent de ces trafics, sans même être conscients, parfois, de contribuer à l’extinction d’une espèce. N’en déplaise aux amateurs de Harry Potter : une chouette à la maison, c’est non. 

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