Dans l’édito Carré aujourd’hui il y a invasion d’espèces menaçantes…

Oui Marc et attention, car ils sont là tout près, les écureuils à ventre rouge, les grandes camomilles, les écrevisses viriles, les ambroisies à feuille d’armoise ou les ratons laveurs.

Ces plantes et ces animaux nous menacent et la guerre est déclarée car ce sont… les espèces invasives ! 

Bientôt chez vous peut-être, l’insatiable pyrale du buis, cette chenille asiatique totalement incontrôlable qui ravage la végétation à l’allure d’un rouleau compresseur lancé sur un circuit de formule 1. 

Une véritable boule de feu dévorant tout sur son passage et qui progresse sur des dizaines de kilomètres par an sans que rien ne puisse l’arrêter. 

Ah oui ça fait peur ! 

Et cela coûte cher Marc. 12 milliards d’euros par an pour l’Europe qui a publié l’année dernière la liste des 37 espèces envahissantes qui sont accusées d’engendrer des désastres écologiques. 

Cependant, selon l’écologue Jacques Tassin, la manière systématiquement négative d’évoquer ces espèces mérite d’être reconsidérée. 

Car les mots utilisés pour parler de ces espèces - comme péril jaune, peste rouge ou cancer vert, laissent penser que nous sommes en permanence au bord de l’apocalypse biologique. 

Et ça ne serait pas le cas ?  

Sans nier le caractère spectaculaire et dommageable de ces plantes et de ces animaux qui affectent les écosystèmes et qui sont parfois très dangereux pour la santé humaine, Jacques Tassin nous invite à prendre du recul sur notre perception discriminatoire de la réalité. Car ce terme très connotée « d’espèces invasives » reste subjectif. C’est l’homme qui selon ses intérêts économiques ou sanitaires décide de ce qui est nuisible ou pas. Au risque de paraître provocateur, Tassin nous incite même à prendre en compte les conséquences positives des invasions biologiques. Et les exemples abondent. 

Par exemple Mathieu ?

Et bien en France on remarque déjà que les mésanges commencent à trouver les chenilles de la pyrale du buis tout à fait à leur goût et pourraient même en freiner l’invasion. 

Des programmes de luttes contre des espèces perçues comme nocives sont parfois stoppés car des individus autochtones tirent en réalité bénéfice des envahisseurs. 

Et bien souvenez-vous de l’algue tueuse, la Caulerpa taxifolia, qui menaçait tout le bassin méditerranéen dans les années 90. Elle a aujourd’hui disparu à 80 % des surfaces qu’elle avait colonisées. 

Ce qui veut dire que les milieux colonisés peuvent toujours s’ajuster et faire preuve de résilience. 

Mais Marc savez-vous quelle est l’une des pires espèces invasives au monde ? 

….

Et bien ce sont les chats ! De véritables sérials killer. Les chats tuent plus d'un million d'oiseaux par jour en Australie. Résultat de leur introduction par les colonisateurs européens il y a deux siècles. 

Aux Etats-Unis c’est pire encore puisqu’on estime que nos adorables félins tuent chaque année plus de 2 milliards d'oiseaux et 15 milliards de petits mammifères ! L’ampleur de cette prédation est totalement ahurissante.

De quoi reconsidérer dès maintenant la notion d’espèces invasives. 

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