Une étrange créature terrestre qui fait son entrée au parc zoologique de Paris. Totalement inclassable, ce n’est ni un animal, ni un végétal ni même un champignon. Et pourtant, elle possède des pigments comme les plantes, elle mange comme un animal et elle se reproduit comme un champignon.

Un blob au Parc zoologique de Paris
Un blob au Parc zoologique de Paris © AFP / STEPHANE DE SAKUTIN

Organisme primitif ayant peu évolué depuis son apparition il y a plus de 500 millions d’années, il n’est formé que d’une seule cellule. Son nom scientifique est Physarum Polycephalum et les Anglais le surnomme la « moisissure gluante » ce qui lui va plutôt bien eût égard à son aspect peu ragoutant. Mais vous pouvez tout aussi bien l’appeler « mucus croûté » « vomi de chien » ou « déjection de démon ». 

La chercheuse Audrey Dussutour qui s’est prise de passion pour lui l’a surnommé « le Blob » en référence au film d’horreur du même nom sorti en 1958 sur les écrans. 

Et à quoi ressemble ce blob alors ? 

Si vous allez vous balader en forêt, vous pourrez le croiser sur les écorces ou dans la litière des arbres avec son aspect jaune orangé gélatineux et sa membrane gluante. Mais il peut être gris, blanc ou rose car il en existe des centaines d’espèces différentes et de toutes les formes. Ce qu’il aime, ce sont les lieux humides et à l’abri de la lumière. 

Physarum polycephalum est presque immortel avec ses capacités de régénération étonnantes. 

Si vous oubliez de le nourrir, il se desséchera et son apparence deviendra celle d’une fine croûte. Pour le raviver, il vous suffira de l’asperger avec quelques gouttes d’eau. Il reprendra alors une couleur vive en l’espace de quelques minutes. Le blob n’est pas un être rancunier.

S’il est coupé en morceaux, il peut doubler de taille en 24 heures chrono et atteindre jusqu’à 10 mètres en laboratoire avec une seule cellule. 

Et le blob a la bougeotte. Il peut se déplacer à la vitesse de 4 cm par heure. Audrey Dussutour qui un jour en avait oublié un dans une boite de pétrie pendant le week-end l’a retrouvé sur le plafond du labo en arrivant le lundi matin. C’est grâce à ses veines que le blob se déplace. Pourvues d’un liquide riche en nutriment, la circulation du liquide s’inverse toutes les deux minutes lui permettant de choisir une direction.  

Audrey Dussutour travaille sur le même blob depuis plus de 10 ans et elle s’amuse beaucoup à jouer avec ses incroyables propriétés.  

Le blob, ce génie 

Le blob est capable de trouver la sortie d’un labyrinthe, de se soigner en trouvant le bon aliment s’il a attrapé un champignon. Mais il est aussi en mesure d’apprendre par association ce qui semblait être l’apanage des organismes possédant un système nerveux. Le blob est un génie ! Et n’ayez crainte, ce n’est pas un envahisseur. Lorsqu’il arrive à maturité, il se transforme en millions de spores pour se reproduire, et très peu se développent. 

Si vous voulez voir le blob de plus près rendez-vous au parc zoologique de Paris qui l’accueille. Et on en parle cet AM dans la Terre au Carré. 

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