Le dernier bilan du WWF sur les populations de vertébrés vient de paraître. Ce qui en ressort est catastrophique.

Un gorille des plaines au Gabon
Un gorille des plaines au Gabon © AFP / Cyril Ruoso / Biosphoto

Il y a trente ans sur la plage de Yalimapo en Guyane française, les tortues luth réalisaient chaque saison 500 000 pontes en moyenne sur ce site abondamment fréquenté. Aujourd’hui les scientifiques effarés en compte moins de 200 ! 

En raison de la pêche accidentelle, de l’érosion des côtes et des plastiques, ces tortues marines ne reviennent plus sur leur lieu de ponte.  

Cet animal comme les gorilles des plaines, le perroquet gris du Gabon ou les moineaux domestiques ont en effet quasiment disparu en raison de la surpêche, de la pollution, de la chasse de la destruction des milieux et bien sûr du réchauffement climatique que je ne me lasse pas de vous citer à peu près tous les jours à ce micro. 

Voilà ce qui ressort de ce nouveau rapport « Planète Vivante » réalisé tous les deux ans par le Fonds mondial pour la nature qu’il faut découvrir non sans au préalable avoir avalé son anti dépresseur favori tellement les résultats sont catastrophiques.  

Les populations d’animaux sauvages ont en effet chuté de 68% en moyenne entre 1970 et 2016.  Un déclin massif qui se produit à un rythme sans précédent.  

Sur quoi se base ce rapport ?  

Sur un indice réalisé avec les données de la Société zoologique de Londres qui compile plus de 20 000 populations de vertébrés parmi lesquelles figurent 4000 espèces de mammifères, oiseaux, amphibiens, poissons et reptiles. Les résultats ne veulent donc pas dire que 68% de toutes les populations de vertébrés de la planète ont disparu depuis 1970, mais il n’en reste pas moins que les résultats sont totalement effrayants avec cet indicateur qui a dégringolé sans discontinuer ces dernières années. La zone Amérique latine-Caraïbes battant tous les records d’érosion avec une baisse de 94% des animaux sauvages.  

"[En cinquante ans], l’explosion du commerce mondial, de la consommation ainsi que la forte croissance de la population humaine ont bouleversé notre façon de vivre au détriment de la nature". 

En ligne de mire : la production alimentaire responsable de 70% de la perte de biodiversité terrestre à cause de la déforestation, de la disparition des zones humides et des pollutions de l’eau.  

Est-ce que des solutions se profilent quand même à l’horizon ? 

Oui heureusement, parce que là personnellement je suis déjà au bord du gouffre. Une quarantaine d’Universitaires internationaux ont publié dans Nature plusieurs scénarios pour stopper cette érosion de la biodiversité. Leurs résultats montrent que la priorité numéro 1 est de changer le modèle agricole pour le rendre compatible avec la nature. Et cela passe par la diminution de moitié de la consommation de viande et la lutte contre le gaspillage alimentaire. 

C’est donc le moment de lever le pied sur le steak : le gorille, la tortue et les moineaux vous en seront éternellement reconnaissants.  

Nous revenons sur ce rapport cet après-midi dans la Terre au carré avec Isabelle Autissier, la présidente du WWF en France.  

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