Le visage, c'est personnel mais aussi universel... De l'Australopithèque à Homo sapiens, qu'est-ce qui l'a fait évoluer depuis 4 millions d'années ?

Capture d'écran de la vidéo "Evolution of Human face in 6 million years in 2 minutes" https://www.youtube.com/watch?v=oQs1GPEmqrM
Capture d'écran de la vidéo "Evolution of Human face in 6 million years in 2 minutes" https://www.youtube.com/watch?v=oQs1GPEmqrM

C'est avec lui que nous communiquons, que nous transmettons nos émotions. Sous la peau et les muscles qui font notre sourire du matin ou notre mine renfrognée des mauvais jours, 14 os différents. Avec eux, nous respirons, nous mastiquons, nous haussons les sourcils, nous nous exprimons. L'homme moderne, Homo sapiens n'a évidemment pas le même visage que les Australopithèques ou Néandertal. Visage plus sculpté, plus fin, rétracté. 

C'est à partir de crânes fossiles, de mandibules, de dents que les chercheurs peuvent reconstruire la face de nos ancêtres. Une étude parue ces jours-ci dans Nature Ecology and Evolution et signée par de grands spécialistes fait le point sur son évolution depuis 4 millions d'années. Cette étude rappelle le rôle de l'alimentation, du climat et ajoute le possible impact des interactions sociales.

Les Australopithèques et certains hominidés, parce qu'ils mangeaient des végétaux durs, avaient besoin de grands muscles pour leur mâchoire et ces attaches des muscles aux os leur donnaient un visage large et profond. Avec l'arrivée au menu de la viande découpée, il faut continuer de mâcher mais beaucoup moins. Le feu qui permet de cuire la viande et de l'attendrir réduit encore cette taille de la mâchoire et  les visages commencent à rétrécir. Homo Erectus, par exemple, en mélangent végétaux écrasés et viande, parvient à limiter son temps de mastication de 17% ! 

Des différences inexpliquées demeurent pourtant entre espèce ayant vécu à la même époque. C’est le cas de Néandertal et de Cro-Magnon, c'est-à-dire nous. Pour les paléontologues, le gros nez de Néandertal, avec de large sinus, viendrait de la nécessité de réchauffer et humidifier l'air froid et sec qu'il respirait en grande quantité. À raison de 4 000 calories ingérées par jour, Néandertal avait besoin de beaucoup d'oxygène pour brûler tous ces sucres et  protéines !

Autre différence entre les deux espèces, le bourrelet sub-orbitaire, cet os épais au-dessus des yeux. Présent chez Neandertal, il n'existe pas chez l'homme moderne.

Dans cette étude, les relations sociales par l'intermédiaire du développement d'une communication non verbale sont mentionnées comme pouvant expliquer l'évolution vers un visage plus fin, plus mobile. Pour ces chercheurs, la capacité de transmettre 20 types d'émotions comme aujourd'hui, n'a pas toujours existé. L'intérêt d'un visage plus fin, avec des parties osseuses rétractées, c'est qu'il est plus mobile, plus expressif. Il est vrai qu'en l'absence de ce bourrelet qui vous barre le bas du front, les sourcils peuvent entrer dans le jeu des expressions subtiles...

Et demain ?

Quel impact de la baisse importante de l'activité physique, du réchauffement climatique, du brassage génétique ? Aurons-nous un visage toujours plus petit, avec des narines assez grandes pour respirer un air de piètre qualité ? Déjà, faute de mastication suffisante, les dents de sagesse ont commencé à disparaître. 

Pour voir la métamorphose au cours de 6 millions d'années, c'est ici. 

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