C'est une question sur laquelle planchent des ingénieurs partout dans le monde... A commencer par le professeur Martyn Date Robertson, qui a lancé le centre de recherche “biotechnologie dans la construction”, à l’université de Newcastle en Angleterre

Et si nos batiments étaient vivants ? Ici à Chachoengsao en Thailande
Et si nos batiments étaient vivants ? Ici à Chachoengsao en Thailande © Getty / Teerapat Kumsamang / EyeEm

Il signait il y a quelques jours un article aussi passionnant que curieux sur le site The Conversation… Il y égraine plusieurs scénarios, qui ne vous laisseront pas indifférents, parce qu’ils viennent titiller notre imaginaire, avec des arguments très rationnels, vous allez voir l’effet est surprenant.

Prenons un premier exemple…  Vous savez que les fissures dans le béton c’est fréquent…. Et bien une équipe néerlandaise développe une technologie pour que le béton “s’autoguérisse” en quelque sorte. On y injecte des graines de bactéries, ça s’appelle des “spores”, qui vont s’activer dès que l’eau s’infiltre, créant un processus chimique qui permet à des cristaux de calcite de se former, et de combler, donc les fissures. La durée de vie serait prolongée de plusieurs années. 

Mais qu’est le bâtiment qui guérit, Nicolas, à côté du bâtiment qui respire ? Je vous le demande… Les spores bactériennes, encore elles, sont au centre de cet autre projet sur lequel Martyn Date Robertson lui-même travaille : associées à des couches de latex, elle formeraient une sorte de membrane dans le matériau qui pourrait faire circuler l’air à travers les parois, transpirer, quand il y a trop d’humidité à l’intérieur… Et donc remplacer la climatisation. 

Car l’enjeu est bien environnemental ?

Oui à la fois en terme de matériaux de construction et de consommation énergétique, car le bâtiment est un des principaux émetteurs de gaz à effet de serre avec le transport et l’agriculture. Aujourd’hui c’est à l’isolation que les gouvernements s’attaquent pour éviter les passoires thermiques, mais ces chercheurs pensent déjà au coup d’après : comment fondre totalement - ou presque - les constructions dans le paysage. Et ne confondez pas avec ce qu’on appelle la “bio inspiration”, ces innovations, architecturales en particulier, qui puisent des idées dans les végétaux comme des structures « dendriformes » c’est à dire inspirées des arbres. Non l’idée, là, est bien d’animer les bâtiments… en briques de mycélium, dernier exemple, l’appareil végétatif des champignons… briques qui pourraient pousser et se reproduire toutes seules, même la NASA se penche dessus… 

Bon la seule chose, c’est qu’un bâtiment vivant, tôt ou tard… ça meurt, malheureusement… et là, les ingénieurs n’ont pas encore trouvé la parade. Alors que c’est peut-être par ça qu’il faudrait commencer ! 

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