Ces déchets abandonnés dans la nature figurent sur la liste des problèmes environnementaux difficiles à endiguer et qui sont dotés d’un pouvoir d’exaspération assez remarquable.

Ces dépôts sauvages de déchets qui prolifèrent dans la nature
Ces dépôts sauvages de déchets qui prolifèrent dans la nature © Getty / ROBERT BROOK/SCIENCE PHOTO LIBRARY

Par déchets sauvages, il faut comprendre une large gamme de produits qui va des déchets plastiques jetés sur la plage, aux produits chimiques déposés au pied des déchetteries, en passant par les mégots de cigarettes, les déchets du bâtiment amassés dans des terrains vagues ou les composants électroniques stockés dans des installations dépourvues d’autorisation d’exploitation. Mais dans cet inventaire à la Prévert du déchet, on trouve aussi les encombrants ou l’électroménager abandonnés dans les rues des villes sans être acheminés vers des lieux dédiés.

Et si le problème n’est pas nouveau, il s’aggraverait selon une étude de caractérisation de l’ADEME publiée en février dernier. 

Ce fléau coûte cher aux collectivités locales qui sont nombreuses à se sentir totalement démunies. Certains élus excédés comme le maire de Laigneville dans l’Oise, ont même décidé de mener l’enquête systématiquement afin d’identifier les personnes responsables pour leur renvoyer ou les obliger à venir ramasser leurs dépôts sauvages. Une mesure brutale mais assez efficace qui montre bien à quel point le problème n’est plus toléré. 

Et qui déposent ces déchets ?

Ce sont aussi bien les habitants des communes que des professionnels parmi lesquels des sociétés sous-traitantes étrangères peu concernées par le respect de l’environnement ou des entreprises qui se montent juste le temps d’un chantier avant de disparaître et qui se moquent royalement du destin de leurs déchets. L’amende attribuée à un particulier pour un dépôt de déchet dans la nature s’élève à 68 euros. Et pour une entreprise cela peut grimper 2 ans de prison et/ou 75 000 euros d’amende selon le Code l’environnement. Mais visiblement cela ne semble pas très dissuasif. 

Et comment lutter contre le phénomène ? 

Dans l'optique de voir disparaître les décharges sauvages, la secrétaire d'État à la Transition Écologique, Brune Poirson, a annoncé lundi au Parisien que la reprise des déchets de chantier triés sera "gratuite" à partir de 2022 avec une densification du réseau de points de collectes qui ne sont pas assez nombreux et pas équitablement répartis sur le territoire.

En attendant, des actions combinée de prévention, d’identification, de nettoyage et de sanction sont mises en place par les collectivités. Il est intéressant de noter que certaines mairies préfèrent enlever les déchets sauvages en urgence pour éviter un effet d’entraînement lorsque d’autres au contraire les mettent en évidence un certain temps avant de les retirer appuyé par une communication visuelle forte. 

A signaler également l’appli proposée depuis 2018 par l’association France Nature Environnement « Sentinelles de la nature » et qui permet de signaler les atteintes à l’environnement. Si, par exemple, vous assistez à un déversement d’huile de vidange dans une rivière ou à un dépôt de pneus au bord d’une route, l’application permet de géo localiser l’alerte et de permettre à une association locale d’agir rapidement. 

► Les déchets sauvages, on en parle cet après-midi dans la Terre au Carré.  

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