"Lundi vert", l'appel lancé en janvier et signé par 500 personnalités consiste à ne pas manger de viande et de poisson le lundi. C'est à la fois une campagne et un programme de recherche. Premier bilan après quatre mois.

Exemple de burgers végétariens à base de steaks de pois chiches
Exemple de burgers végétariens à base de steaks de pois chiches © Getty / istetiana

En janvier, deux chercheurs français lançaient le Lundi vert. Dans le sillage du mouvement lundi sans viande initié en 2003 par l'Ecole de Santé publique de l'université Johns Hopkins à Baltimore aux Etats-Unis et déjà pratiqué dans 43 pays au monde, cette campagne incite à ne manger ni viande, ni poisson le premier jour de la semaine. 

Les raisons sont environnementales, sanitaires et relatives au bien-être animal. Trois raisons qui ne relèvent pas du militantisme mais s'appuient sur de nombreuses études scientifiques. 

Côté santé, cela permet de diminuer les maladies cardio-vasculaires, le diabète ou encore le risque de cancer. 

Coté impact environnemental, il s'agit d'alléger la facture pour la planète. Neuf milliards de terriens qui ont doublé en 60 ans leur consommation de viande, cela pèse lourd en terme de pollution, de consommation d’eau et de dégâts à l’encontre de la biodiversité. Pour mémoire, les bovins contribuent à 14,5 % des émissions de gaz à effet de serre.  

Enfin, on a vu monter ces dernières années le souci du bien-être animal, même s'il entre en conflit avec notre plaisir gustatif.

Mais Lundi vert n'est pas qu'une campagne pour dire  « mollo sur la blanquette et le steak frites ». C'est aussi un programme de recherche, le premier qui vise à analyser en temps réel l'impact d'une campagne nationale sur les conduites alimentaires. Qu'est ce qui peut nous inciter à remplacer le gigot de 7 heures par un dahl de lentilles ou la côte de bœuf par une salade de pois-chiche ? Nous qui sommes attachés à une cuisine patrimoniale française plutôt chargée en viande et poisson. 

Même quand les campagnes mises en œuvre pas les pouvoirs publics comme "5 fruits et légumes par jour" ou bien "bouger/manger" n'ont pas été évaluées en temps réel et sur la durée.

Quatre mois après le lancement du lundi vert, Laurent Bègue professeur de psychologie sociale à l'université Grenoble Alpes et Nicolas Treich économiste à l'Institut Nationale de Recherche Agronomique ont déjà récolté des données. Il apparaît que les personnes les plus réceptives sont d'un niveau socio culturel plutôt élevé, qu'elles sont ouvertes d'esprit, sensibles à l'innovation et prêtes au changement. En psychologie, l’ouverture d’une personne est l’un des 5 grands facteurs de personnalité. 

Tiendront-elles pourtant l'engagement dans la durée ? Si oui, pour quelles raisons? Cette adhésion au changement de comportement alimentaire est-elle déterminé par une bonne communication nationale ou à une volonté individuelle ? Faut-il imposer ou inciter ?  Il est encore trop tôt pour le dire. 

Les 25 000 personnes déjà engagées dans le Lundi vert sont suivies par l'intermédiaire de questionnaires réguliers. Elles reçoivent des idées de recettes pour trouver des substituts à la viande. Cuisiner veggie ne s'improvise pas. Même si ces volontaires ont un profil particulier, ils sont comparés à un échantillon représentatif de la population.  

2 000 individus sondés en janvier, qui, pour plus de la moitié avaient entendu parler du lundi vert.  10,5% ont commencé à le mettre en œuvre et 25% en ont l'intention. Preuve que la société évolue. Les jeunes en particulier. D'ailleurs, les restaurants universitaires réfléchissent à mettre en œuvre le lundi vert à la rentrée prochaine. 

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