La perte de biodiversité se poursuit à l'échelle mondiale à un rythme alarmant. Les grands mammifères et les oiseaux sont particulièrement en danger pour les 50 prochaines années. Mais des décisions politiques pourraient améliorer leur situation, à commencer par le changement d'alimentation.

Et si on changeait de menu ?
Et si on changeait de menu ? © Getty / Wanwisa Hernandez / EyeEm

Au menu de Noël, chapon, magrets de canard,  homard ou  saumon... A 70% le menu des français contenait des protéines d'origine animale, sauf pour les 3 à 5% de végétariens et végétaliens vivants dans notre pays (le chiffre varie suivant les sources). Cette situation n'est plus  bio compatible. 

Manger trop de viande est  mortel pour la biodiversité mondiale

Il existe en effet un lien entre notre alimentation et la conservation des espèces. Par un effet domino, la chute drastique et accélérée de la biodiversité a pour origine les pratiques agricoles, les choix de production et plus globalement l'impact humain sur la nature. Nous assistons actuellement  à la sixième extinction majeure de la planète en raison de plusieurs facteurs: la pression démographique ,  la fragmentation des habitats,  la chasse par les bush mens, la pollution et les pratiques agricoles non raisonnées .  Selon une étude parue dans Nature en  juin dernier signée entre autre par David Tilman, les 3 régions du monde à forte biodiversité  sont dans le rouge: la zone sub-saharienne, l'Amérique du Sud et la région Asie du sud Est / Chine/ Inde. 

Un chiffre frappant : dans cette dernière région, en 50 ans, les 2/3 des mammifères de plus de 10 kilos se sont retrouvés en danger de disparition! 

25% des mammifères menacés de disparition d'ici 2060

Il s'agit des espèces emblématiques dont on parle souvent : éléphants, orangs-outangs, pandas, aigles.... Selon l'étude, si rien n'est fait, ce sont encore  25%  des espèces de mammifères et 13% des espèces d'oiseaux supplémentaires qui, d'ici 2060, pourraient disparaître .  Sans parler des insectes... dont on a appris récemment que 2/3 avaient déjà été rayés de la carte... ou des batraciens, eux aussi mal en point.

Il existe des solutions 

Tout n'est pas noir pour autant. Si grâce aux scientifiques, on sait identifier les causes de la perte de biodiversité, on peut aussi évaluer l'impact qu'auraient des mesures volontaristes.... Pour David Tillman, ce plan passe avant tout par l'assiette.... autrement dit l''agriculture et l'élevage. Il y a 3 solutions. 

Combler l'écart de rendement: ce qui signifie faire pousser plus sur des terres agricoles déjà exploitées au lieu de grignoter toujours plus de territoire et de limiter l'habitat des espèces sauvages. On augmente la productivité mais sans nuire à l'environnement. Donc en limitant les  engrais et les pesticides, en utilisant des plantes qui fixent l'azote, en choisissant des semences améliorées, en pratiquant la jachère.  Selon les projections, 96 pays pourraient ainsi doubler leurs rendements par rapport à aujourd'hui.

deuxième solution: changer de menu. Diminuer de moitié la consommation de viande d'ici 40 ans est l'objectif . A la place, il convient de consommer des protéines végétales à commencer par les légumineuses: pois, fèves.. Elles utilisent moins de terre que la viande et les produits laitiers et c'est meilleur pour notre santé!

Enfin selon les chercheurs , il faudrait privilégier le consommer local tout en réorientant   le commerce agricole .  Cela limiterait  à 20% la demande de chaque pays en produits importés venant de zone où les rendements sont les plus élevés .

Au cas où cette chronique vous aurait convaincu comme 1 français sur 2 , de manger moins de viande, sachez que la tendance 2018 sera au faux bacon à la noix de coco, au soja et au seitan, une sorte de tofu à base de blé ou d'épeautre.

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