Couvrez-vous, nous sommes dans les Alpes à presque 3 000 mètres d’altitude. Mais il n’y a pas beaucoup de neige parce que nous sommes début septembre dans ma téléportation, et surtout parce qu’elle fond de plus en plus vite à cause du réchauffement climatique, révélant de nombreux objets piégés jusque-là par la glace.

Montagnes dans lesquelles a été trouvé le corps d'Otzi, découvert en 1991 (Alpes de l'Ötztal, près de Hauslabjoch sur la frontière entre l'Autriche et l'Italie)
Montagnes dans lesquelles a été trouvé le corps d'Otzi, découvert en 1991 (Alpes de l'Ötztal, près de Hauslabjoch sur la frontière entre l'Autriche et l'Italie) © Getty / Martin Zwick/REDA&CO/Universal Images Group

Des piolets égarés par les randonneurs, des boites de conserve datant de la guerre... Mais les trouvailles qui nous intéressent sont enfoncées encore plus profond dans le temps : un pantalon de cuir et des chaussures appartenant à un chasseur vieux de 3000 ans, son carquois en écorce de bouleau pour ranger les flèches ont également refait surface ces dernières années des chaussettes tricotées du Néolithique ou du tissu rouge, preuve qu’ils mettaient déjà de la couleur à l’époque… Et même, tenez-vous bien, une raquette, pour marcher dans la neige… on savait aussi s’équiper à la Préhistoire, vous allez voir qu’on va pas tarder à retrouver des skis ! 

Mais le plus marquant de ces trésors archéologiques, et le plus connu, s’appelle Otzi : cet homme mort il y a 5 300 ans et parfaitement conservé, découvert souvenez-vous le 19 septembre 1991. Je vous donne la date parce qu’à 2 semaines près, on passait à côté à cause de la glace qui fond ! Elle fait certes renaître ce qui a été figé plusieurs années, Mais ne protège plus de l’air, l’humidité, le soleil, qui en quelques jours à peine décomposent entièrement ces vestiges. Et c’est pour cela que l’archéologie glaciaire prend de l’ampleur car les spécialistes savent que l’accélération de la fonte des glaciers va sacrifier des milliers d’objets… les Alpes c’est immense, il est impossible d’être partout où ils ressurgissent.

Comment font les archéologues ?

En plus des expéditions et des modélisations pour mieux repérer les lieux où fouiller, ils voudraient faire des usagers de cette haute montagne des vigies, car ce sont eux qui tombent le plus souvent sur ces traces de notre passé. Alors surtout sans toucher, ni déplacer, encore moins embarquer - c’est illégal je le rappelle - mais en photographiant l’objet, et son contexte (très important ça raconte plein de choses), avant de prévenir bien sûr les archéologues. Une forme de science participative pour sauver ce patrimoine que - ne nous y trompons pas - les Indiana Jones alpins préféreraient toujours prisonnier de la glace… A défaut, ils l’explorent pour mieux comprendre la vie en montagne il y a des millénaires. Ça s’appelle voir le verre à moitié plein et parfois – surtout à Noël - ça fait du bien. 

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