Ce matin, remake de "Voyage au centre de la terre" - mais l’action ne se passe pas en Islande, mais ici dans l’hexagone : il y a 200 millions d’années, s’écrasa à Rochechouart, dans un immense fracas, un astéroïde d’un kilomètre et demi de diamètre.

Impact d'astéroïde sur la Terre
Impact d'astéroïde sur la Terre © Getty / MARK GARLICK/SCIENCE PHOTO LIBRARY

Imaginez le bolide lancé à la vitesse de 20 kilomètres par seconde. 

Lorsqu’il arrive au lieu-dit de la Judie, dans la commune de Pressignac, le corps extraterrestre se pulvérise intégralement. 

L’énergie dégagée par le choc est phénoménale et les dégâts sont colossaux. 

L’engin rase tout sur son passage sur plus de 100 kilomètres à la ronde et des roches sont éjectées à 400 kilomètres du point d’impact sur les contreforts du Massif central.

Heureusement à cette époque, nul Pressignacois ou Pressignacoises dans les parages. C’est le dinosaure du Limousin qui est le maître des lieux dans un climat tropical digne des plus beaux lagons de Bora Bora.  

Ajoutons qu’à cette époque charnière du Trias et du Jurassique, l’environnement de la terre connait une activité joyeuse faite de feu d’artifice d’astéroïdes et de  météores qui viennent s’écrabouiller sur notre planète à la moindre occasion. 

Conséquence de ces événements: une extinction massive de très grande ampleur qui décime 75 % de toutes les espèces marines et une part importante des grands vertébrés terrestres. En ces temps reculés ça ne rigole pas en matière de grand coup de balais biologique. 

L’astroblème

Le cratère d’impact laissé par l’astéroïde de Rochechouart est unique en France et il suscite l’intérêt des scientifiques qui ont organisé en 2017 une campagne de forage exceptionnel. 

Même si l’érosion au fil des millénaires à tout lessivé sur son passage et que le quidam moyen serait bien en peine de remarquer une quelconque trace du passage du bolide, les roches du sous-sol avec les signatures chimiques de l’astéroïde représentent un trésor pour l’humanité. 

Une véritable mémoire héritée de « l’astroblème », le nom donné aux traces laissées par l’impact. D’ailleurs toujours dans la catégorie « expression céleste qui a de la gueule » on parle aussi de « cicatrice d’étoile ».

Les scientifiques ont donc foré jusqu’à 150 mètres de profondeur, dans ce gisement de connaissances, enfouies comme les secrets de l’Atlantide, afin de comprendre la nature exacte de l’astéroïde et les conditions propices à l’émergence de la vie sur les planètes. Et dans ce laboratoire à ciel ouvert les forages sont réalisés à l’aide d’une carotteuse. Car oui, on ne le dira jamais assez, les secrets de la vie se trouvent dans la carotte ! 

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