Le prix Nobel de médecine a couronné cette année la compréhension du cycle circadien... On découvre aujourd'hui que dans les processus de cicatrisation, le rythme biologique des cellules a un impact majeur sur l'efficacité.

Ce sont des biologistes britanniques qui ont fait cette découverte surprenante : si vous vous coupez ou brûlez la nuit, la cicatrisation de votre peau sera plus lente que si la plaie s'est produite de jour. Jusqu'à 10 jours de plus ! L'équipe du laboratoire de biologie moléculaire de Cambridge ont travaillé à la fois sur de simples cellules cultivées au laboratoire, sur des souris et passé en revue les archives hospitalières de leur pays.  30 ans après la découverte que notre corps est régi par une horloge biologique sur 24 heures, jusqu'au niveau cellulaire, les scientifiques ont voulu explorer le comportement de cellules particulières, les fibrobastes. Elles donnent de la cohésion et de la souplesse à la peau.  

L'alternance jour/nuit dans l'activité des cellules influence la cicatrisation ? 

A l'échelle de la cellule, où comme chez l'homme, il y a une phase d'activité et une phase de repos dans la journée, ils ont constaté que lorsqu'ils stressaient ou agressaient les cellules en phase d'activité, elles exprimaient beaucoup plus de protéines impliquées dans la cicatrisation. Les scientifiques sont passés ensuite sur la souris. Et constaté que les fibroblastes migraient plus vite vers la zone abîmée à réparer et produisaient plus d'actine quand la souris est en période d'activité. 

Dernière étape : l'homme. Les registres des hôpitaux britanniques ont été épluchés et sur 118 grands brûlés pour lesquels l'heure de la brûlure était préciséé, ils ont regardé le temps pris par la cicatrisation des plaies. Ceux qui ont été brûlés entre 8h et 20h ont guéri en moyenne 17 jours contre 28 pour ceux qui avaient été brûlés la nuit. 60% de temps en plus!  

Que faire de cette information ? 

Regarder si cette alternance jour/ nuit dans la cicatrisation de la peau fonctionne pour d'autres organes . Si c'était le cas, pourquoi ne pas programmer les opérations chirurgicales en fonction de notre horloge biologique. Et comme nous ne sommes pas tous identiques, qu'il y a les lève-tôt et les lève-tard par exemple, cela pourrait inciter à décaler légèrement les heures d'intervention. 

Opérer le matin ou l'après-midi suivant les cas.  John O'Neill  envisage d'aller plus loin. En utilisant des médicaments pour tromper les cellules. Chez les rongeurs et les lignées cellulaires, il a été possible de remettre l'horloge biologique à zéro et de leur faire croire qu'il est une autre heure du jour. Même perspective si l'on envisageait un jour de faire tourner des blocs opératoires 24h sur 24h.

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