Les mauvaises nouvelles se succèdent inlassablement : entre l’effondrement des stocks, le rétrécissement de la taille des espèces et les vieux poissons qui disparaissent, le jour n’est pas loin où votre sole meunière ne dépassera pas la taille d’un anchois…

De plus en plus petits, de moins en moins nombreux.... les poissons victimes du climat et de la surpêche
De plus en plus petits, de moins en moins nombreux.... les poissons victimes du climat et de la surpêche © Getty

En 20 ans, l’homme a surexploité 90% des stocks de poissons de haute mer et les espèces que l’on trouve aujourd’hui semblent tout droit débarquer de l’île des Lilliputiens. 

Prenez une belle morue bien dodue : au début du XXe siècle elle pouvait facilement atteindre les 200 kilos. À peine 30 kg aujourd’hui pour les plus grosses !  

Le thon rouge de plus d’une tonne : disparu ! 600 kilos maximum aujourd’hui. 

Chez Guinness Book, on commence sérieusement à déprimer car plus aucun record n’est battu.

Les raisons de ce rétrécissement 

Comme on peut s’en douter elles sont dues au réchauffement climatique. ! 

Les poissons ont une particularité, c’est qu’ils continuent à grandir tout au long de leur vie. Mais avec le réchauffement, la baisse en oxygène dans les océans a mis un sacré coup de frein à leur croissance. Une étude canadienne annonçait l’année dernière que leur taille devrait diminuer de 20 à 30%. 

Mais à  force de leur pomper l’air, les poissons peuvent aussi choisir de lever le camp en allant voir ailleurs si les conditions de vie sont plus douces. C’est ainsi qu’au fil des degrés qui augmentent, les spécimens d’Europe de l’Ouest migrent chaque année de 27 km vers le Nord. 

Laissez vivre les vieux ! 

En raison de la surpêche et de la pollution, les cartes seniors du monde marin ont une espérance de vie en chute libre !  Selon une étude de l’Université de Washington, 90% des vieux poissons disparaissent ! Un phénomène inquiétant car les poissons du troisième âge jouent un rôle essentiel auprès des juvéniles auxquels ils garantissent le renouvellement des populations.

Et là, face à cette bérézina, on se dit qu’il va falloir sérieusement se calmer et y aller mollo avec les filets. 

Le cas emblématique de la morue de terre Neuve illustre bien la pression exercée par la pêche industrielle. Ce poisson qui a nourri des générations depuis 500 ans est aujourd’hui une espèce menacée, les bateaux n’attrapant que des juvéniles, qui n'ont même plus le temps de se reproduire.

Pour le biologiste Gilles Bœuf, pratiquer la surpêche est aussi stupide que de vouloir tuer la poule aux œufs d’or et avec la destruction du littoral et la présence massive de plastique dans les océans, ce sont nos habitudes de vie qu’il va falloir sérieusement interroger. 

Seule solution pour qu’un jour, peut-être, la brandade - de vieille morue- fasse un retour triomphant dans nos assiettes ! 

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