Ce matin dans l’édito Carré, l’exposition aux produits parfumés…

Je suis sûr Nicolas que vous n’avez pas oublié cette publicité des années 90 dans laquelle Nana Mouskouri virevoltait joyeusement dans sa robe en mousseline pour nous vanter l’effet fraîcheur d’une marque de désodorisant intérieur. Le doigt bloqué sur le spray, Nana n’y allait de main morte avec le pschitt….

Extrait

« Il parfume, il crée l’ambiance ». Mais oui mais à quel prix car aujourd’hui Nana on ne te dit pas merci.

Une étude publiée le 1er mars dans une revue américaine fait état du nombre croissant de personnes rendues malades par l’exposition aux produits parfumés. 

L’objectif de cette enquête était d’évaluer l’intolérance des personnes présentant une « sensibilité multiple aux produits chimiques », un syndrome reconnu comme affection invalidante en Allemagne, aux Etats-Unis et au Canada. 

En 2002 dans une enquête similaire, seulement 3% des personnes déclaraient être indisposées par les produits parfumés. Mais dans cette dernière étude, la proportion est passée à 26% !

Selon cette enquête, une personne sur quatre serait donc sensible à des produits tels que désodorisants, assainisseurs d’air, produits de nettoyage, lessives et fragrances en général.  

Quelles sont les réactions à ces produits parfumés ? 

Ce sont d’abord les problèmes d’asthme qui sont rapportés à 71% chez les individus dont la sensibilité a été diagnostiquée. Sont ensuite fréquemment évoqués, les migraines, les problèmes de peau et d’essoufflement. 

L’étude montre également que les produits parfumés représentent une véritable gêne au quotidien. 

Une très grande majorité des personnes atteintes du syndrome affirme par exemple ne plus pouvoir se rendre aux toilettes publiques dans lesquelles se trouvent savons parfumés ou assainisseurs d’air.

Quelles sont les solutions possibles pour éviter ces effets néfastes ? 

Etudier d’abord quels sont les produits chimiques ou les mélanges dans les produits de consommations courantes qui présentent le plus d’effet néfaste. Mais en attendant cet inventaire, des politiques offensives s’attaquent déjà au problème.  

Aux Etats-Unis ce sont les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies qui ont donné l’exemple en interdisant l’usage des parfums d’ambiance au sein de leurs propres locaux. 

En 2016, à Ottawa, la division de la santé et de la sécurité au travail a diffusé de son côté un tract demandant aux employés de s’abstenir de porter tous produits parfumés sur leur lieu de travail ! 

Terminé l’after-shave du collègue qui donne la nausée. 

En France, l’ADEME, l’agence de l’environnement et de la Maîtrise de l’énergie, démarre une étude sur l’exposition aux désodorisants, aux parfums et aux huiles essentielles. Elle sortira en 2019. 

Mais dès cet été un rapport sur les produits d’entretien sera publié. Etude qui est même en train de passer à la moulinette les recettes de grands-mères à base de vinaigre blanc, de bicarbonate ou de savon noir… les mamies craquotte tremblent déjà dans l’attente des résultats …  

Légende du visuel principal:
La sensibilité aux parfums des produits chimiques © Getty / blindtoy99
L'équipe
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.