De tout temps, les maladies contagieuses ont marqué la vie. Qu’il s’agisse de la lèpre, de la peste, du choléra, de la grippe espagnole, du virus Ebola ou du VIH/Sida, ces épidémies ont toutes laissé des traces indélébiles avec leurs millions de victimes et ne sont donc pas une nouveauté dans l’aventure humaine.

Gravure d'un médecin pendant la peste au XVIIe siècle, par Paulus Furst
Gravure d'un médecin pendant la peste au XVIIe siècle, par Paulus Furst © Getty / Bettmann /

Anne Marie Moulin qui est médecin et philosophe nous rappelle par exemple que nous n’avons rien inventé concernant par exemple les stratégies de lutte contre les virus. Ni le confinement ni la quarantaine ne sont de nouvelles méthodes. C’est d’ailleurs à la Renaissance en Italie du Nord que la plupart des stratégies ont été établies pour lutter contre la peste avec l’installation de cordons sanitaires aux frontières, l’utilisation de masques en forme de bec par les docteurs et les malades qui étaient isolés pendant 40 jours de tous contacts humains. 

C’est dans les villes portuaires que sont nées les premières mesures de quarantaine. A Venise par exemple en 1423, avec le commerce intensif avec l’Orient, l’Europe exigeait que tout navire en provenance d’une zone infectée par la peste se voit imposer un isolement de 40 jours. 

L’isolation des populations : une méthode qui a fait ses preuves

L’épidémiologiste Jean-David Zeitoun explique que le système de soin n’étant pas conçu pour faire face à une pandémie, l’isolation sociale et le confinement généralisé restent le meilleur moyen pour l’endiguer

Mais il y a d’autres constantes qui caractérisent les épidémies, raconte Anne Marie Moulin : ce sont les réactions irrationnelles. De tout temps les épidémies ont suscité des peurs collectives, la recherche de responsables et la stigmatisation de communautés. Dans les années 1980, au début de l’épidémie de Sida, les africains ont été les boucs émissaires en étant accusés de s’accoupler avec des singes. Ce fut ensuite au tour des homosexuels lorsque on désigna un steward gay comme le patient zéro. 

Les peurs irrationnelles autour du covid-19

En parlant chaque jour aux américains du "virus chinois", Donald Trump alimente un racisme latent envers la communauté asiatique. 

Anne Marie Moulin conclue en nous rappelant que la pandémie actuelle ne doit pas nous faire oublier à quel point nous sommes interdépendants avec l’ensemble du monde vivant dont font partie les virus et les bactéries. Elle réfute l’idée que nous sommes en guerre contre le coronavirus. Le virus a pour seule caractéristique de chercher à se maintenir dans l’environnement. 

Pas sûr qu’en ces temps de crise sanitaire mondiale l’humanité ait franchement envie faire ami-ami avec les virus, mais n’oublions pas en effet que ces micro organismes ne sont pas toujours nos ennemis. Anne Marie Moulin est notre invitée à 13h30 avec Bruno Duvic pour en parler. 

Aller plus loin

Jean Lebrun a consacré dans La Marche de l'Histoire une semaine spéciale consacrée aux grandes épidémies dans l'histoire. A écouter pour prendre un peu de recul... Introduction en vidéo : les leçons des pandémies

Et les liens vers les différents épisodes :

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