Ce matin, c’est petit déjeuner au champagne ! On ne se refuse rien !

Oui mais tout ça c’est pour la science Monsieur !

Et pour mettre du pétillant dans nos petits matins blêmes, je voulais vous parler du seul spécialiste au monde de la physique des bulles de champagne!

Un gars dont le travail est dédié à l’effervescence ! Il est professeur à l’Université de Reims –évidemment- et il s’appelle Gérard Liger Belair.

Tout petit dans sa baignoire, le petit Gérard s’émerveillait devant les bulles de savon qui tournoyaient dans la vapeur de la salle de bain. Et puis ce fut pour les bulles de soda qui se déposaient légères et sucrées sur les lèvres de ses premières amours.

Plongeur sous-marin, il s’est enivré des bulles d’oxygène relâchées par sa bouteille qui avait le poids d’un Balthazar.

Une fois devenu adulte, c’est donc tout naturellement qu’il dédia sa vie aux bulles de champagne. Son truc à Gérard, c’est de suivre le parcours d’une bulle le long d’un verre pour comprendre ses réactions physico chimiques jusqu’à son éclatement lorsqu’elle libère ses molécules aromatiques.

Et que voit-il dans ses bulles ?

Et bien quasiment tout. Gérard est le diseur de bonne aventure des boissons gazeuses.

Avec ses caméras ultra rapides, il peut lire dans les bulles comme on lit dans une boule de cristal. Et c’est normal car pour comprendre les lois qui les régissent, son quotidien de chercheur se conjugue avec le Baccarat.

Gérard connait le peuple des bulles depuis leur naissance jusqu’à leur mort, il en comprend tous les comportements, la vitesse et la grosseur.

Il a compris que pour exister, une bulle de champagne avait besoin d’un verre rempli d’aspérités sur ses parois. C’est là dans les poches d’air microscopiques laissées par le torchon ou la poussière que le gaz carbonique peut s’engouffrer et commencer son ascension.

Gérard a vu comment des centaines de bulles envoyées comme des boulets de canons, remontaient de concert le long de la flute, gonflées par le CO2. Sur la ligne d’arrivée, le liquide en surface s’enroulant dans de puissants tourbillons.

Et puis il y a le chant du Cygne de la bulle lorsqu’elle arrive au bord du verre pour son dernier voyage. Gérard l’a filmé, ce feu d’artifice qui explose. Il a posé son visage au-dessus du nuage de gouttelettes pour recevoir les derniers arômes de la piqure carbonique venue chatouiller les poils de son nez.

Est ce qu’il est à l’origine d’autres travaux Mathieu ?

Mathieu : oui Nicolas. Avec des astrophysiciens Gérard a découvert que sur Titan, la lune de Saturne, les mers et les lacs de méthane, pouvaient aussi se mettre à « pétiller » en libérant de grandes quantités d’azote.

Et puis il y a quelques jours, lui qui voulait mesurer la vitesse d’expulsion du bouchon de champagne, a observé par hasard un panache bleu produit par le gaz carbonique laissé dans le goulot.

Voilà comment Gérard Liger Bellair qui se rêvait enfant, dompteur de bulles de savons, a révélé au monde entier, les secrets de l’effervescence.

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