L’industrie, la médecine, ou l’architecture puisent des idées dans tous les composants de ce captivant règne végétal. On appelle cela la "bio-inspiration", dont les premiers signes remontent au début du XXe siècle.

Fleurs de bardane, qui ont inspiré le Velcro
Fleurs de bardane, qui ont inspiré le Velcro © Getty / Trudie Davidson

Elles n’ont pas de cerveau, pas de muscles, et sont donc incapables de se déplacer. Mais survivent depuis plus d’1 milliard d’années sur notre Terre, grâce à leurs capacités adaptatives remarquables.

C’est ainsi que s’ouvre le livre que les chercheurs Agnès Guillot et Jean-Arcady Meyer consacrent aux plantes et à ce qu'on appelle la "bio-inspiration".

Quels sont les exemples les plus connus ?

J commence facile avec le plus connu : une bande de tissu qui attrape tout ce qui s’y frotte, j’ai nommé le Velcro… Né d’une promenade dans les Alpes, et d’une rencontre avec des fleurs de bardane dont les crochets s’agrippent à tout ce qui les touche, l’ingénieur suisse Georges de Mestral dépose le brevet en 1955, avec le succès qu’on lui connait.

Plus récent, le Burj Khalifa, qui culmine à 828 mètres à Dubaï : la base de la tour, dite "trilobée" s’inspire du lys du désert… Une forme en Y qui réduirait l’impact du vent sur les différents étages. Au chapitre architecture, je pourrais aussi vous parler du lierre, tiens, remplacé sur des façades de New York par des feuilles artificielles qui en s’agitant capturent à la fois l’énergie du soleil et celle du vent… Des structures "dendriformes", c’est-à-dire inspirées des arbres (la gare de Lisbonne par exemple), ou vous parler de ce magnifique toit en verre et en fer du disparu Crystal Palace de Londres, conçu sur le modèle de la feuille du nénuphar Victoria Amazonica, dont les nervures la rendent solide comme un roc.

Les plantes participent donc aux progrès techniques ?

Oui, il existe même un laboratoire international de neurobiologie végétale, et des scientifiques partout dans le monde travaillent sur des prototypes : implants osseux botaniques, dérivés du rotin, en Italie, une mousse protectrice pour les casques ou les genouillères, structurée comme l’écorce du pamplemousse asiatique, qui résiste à tous les chocs, des drones samares pour surveiller les feux en Australie tournoyant comme la graine de sycomore dont le mouvement hélicoïdal avait déjà inspiré Léonard de Vinci. Ou encore un ordinateur végétal, dont les circuits seraient composés d’éléments organiques car les plantes peuvent elles aussi traiter des informations complexes. Des créatures aux centaines de récepteurs chimiques, tactiles, thermiques, lumineux, qui en font une mine d’informations, et d’idées ! 

Vive le flower power, Nicolas ! On continuera de se plonger dans cet "or vert" avec, donc, Agnès Guillot et Jean-Arcady Meyer cet après-midi dans la Terre au Carré. 

L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.