Dans le contexte de l’épidémie de Covid-19, se posent plusieurs questions autour du comportement du SARS-CoV-2 dans le milieu aquatique depuis les eaux usées des villes jusqu’à la mer en passant par l’eau potable, les lacs et les piscines.

Pour démarrer ce tour d’horizon des connaissances sur le sujet, commençons par le moins glamour puisque la détection du coronavirus dans les matières fécales a incité plusieurs groupes de chercheurs dans le monde a s’intéresser à sa présence dans les eaux usées.  

Les recherches ont montré que le génome du virus était bien présent sur plusieurs sites de prélèvements. Mais attention, car la présence du matériel génétique du virus ne signifie pas que l’on à affaire à un micro-organisme qui est toujours contaminant pour la population. Le Professeur de virologie Christophe Gantzer raconte que lorsque que l’on met un virus dans l’eau pendant plusieurs jours, on peut détecter très longtemps son génome sans pour autant que le virus soit capable de se multiplier. Et pour le moment les études semblent montrer des résultats négatifs pour les eaux usées ce qui est plutôt rassurant

Et dans les prochaines années, l’analyse des eaux usées des villes pourrait d’ailleurs servir de sentinelles sanitaire contre le coronavirus : l’ARN viral via les selles apparaît dans les eaux usées avant même le début apparent d'un foyer épidémique ; ce qui pourrait permettre d’anticiper son éclosion. 

Les scientifiques français du projet OBEPINE travaillent donc sur un nouvel indicateur permettant d’évaluer dès que possible l’arrivée du virus dans la population. 

Que sait-on de la présence du SARS-CoV-2 dans l’eau potable ? 

Vous pouvez dormir sur vos deux oreilles car il n’y a aucune chance d’y retrouver la trace du SARS-CoV-2 en raison des multiples traitements par ozonation, ultraviolets et chloration qui sont effectués avant que l’eau n’arrive dans nos robinets. 

Dans le milieu marin, une étude l’Ifremer du 18 mai s’est intéressée à la présence du virus dans l’eau et dans des coquillages. Après analyse des tissus digestifs d’huîtres et de moules prélevées sur les côtes normandes, bretonnes et méditerranéennes dans les zones en parties souillées par des rejets de station d’épuration pendant le confinement, les travaux ont montré une absence totale du virus. Même chose pour l’eau de mer. 

Les lacs et les rivières semblent être les lieux où les risques pourraient être plus importants en raison d’une eau souvent froide et non traitée. Préférez autant que possible les zones surveillées ou des prélèvement sont effectués régulièrement.

Et puis enfin si vous préférez aller batifoler cet été dans une piscine, sachez que la présence du chlore a la capacité de désactiver le virus au cas où il serait présent

En conclusion : 

où que vous alliez vous baigner n’oubliez jamais que la principale voie de transmission se trouve dans les sécrétions respiratoires générées par la toux, les éternuements et le contact de personne à personne. 

Le virus en milieu aquatique on y revient cet après-midi dans le Virus au carré. 

  • Légende du visuel principal: Le virus peut-il se transmettre avec l'eau ? © Getty / Lynne Gilbert
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