Ce matin dans l’édito carré, une variation sur le mot « bonjour »

Avec une recherche qui vient de paraître dans la revue PNAS sur les intonations associées au « bonjour ». 

Car ce petit mot que nous entendons tout au long de la journée en dit long sur la personnalité de celui qui le prononce, l’Humain étant particulièrement doué pour percevoir les intentions ou l’état émotionnel d’une personne, rien qu’en écoutant sa voix. 

Et pourtant tout se passe à la vitesse de l’éclair puisque dire « bonjour » cela prend 500 millisecondes. 

Des scientifiques de l’IRCAM en collaboration avec des neuroscientifiques du CNRS et de l’Université de Marseille, ont mis en place une méthode expérimentale pour comprendre comment à partir d’un son aussi court, nous étions capables de juger la personnalité d’un de nos semblables et de dire quelle intonation était optimale pour être digne de confiance ? 

Et comment ont-ils procédé pour le savoir ? 

Pour cela, les chercheurs ont mis au point un logiciel qui a généré à partir d’un simple bonjour, plus de 70 000 déclinaisons différentes. En voici quelques-unes … 

Extrait à écouter dans la chronique
 

On ne s’en lasse pas hein… 

Dans l’expérience qui nous intéresse, les scientifiques ont fait écouter plus de 2000 bonjours à la suite à 20 personnes courageuses afin de visualiser leurs représentations mentales auditives.

Et ce qui est frappant après analyse des milliers de réponses, c’est que les hommes comme les femmes perçoivent de la même manière le bonjour amical. Nous avons tous les mêmes codes et notre cerveau filtre les intonations vocales de façon similaire à très peu d’exception près. 

Alors attention voilà justement à quoi ressemble le bonjour digne de confiance. Ecoutez. Ce qui le caractérise c’est la hauteur d’intonation qui doit monter rapidement à la fin du mot.  

Extrait à écouter dans la chronique
 

A l’inverse voici le bonjour dominant prononcé avec une hauteur descendante plus marqué sur la deuxième syllabe. 

Extrait à écouter dans la chronique
 

Alors Nicolas, vous allez me dire à quoi ça peut bien servir tout ça ? 

Et bien puisque quasiment tout le monde perçoit la même chose, ce travail ouvre des perspectives pour accéder aux représentations mentales des individus qui présentent des anomalies cognitives. 

Grâce à cette méthode, une équipe d’orthophonistes de la Pitié Salpêtrière à Paris travaille en ce moment sur la perception des mots de personnes victimes d’AVC. 

L’idée étant de comprendre où se situent leurs déficits de perception des voix, afin d’envisager in fine une prise en charge. 

Cette méthode s’intéresse aussi à la représentation des émotions chez les personnes autistes. 

Mais nos chercheurs en bonjour, projettent également de faire écouter à des humains des cris d’alarme de singes pour voir si nous percevons le danger dans les cris de nos cousins. Un outil qui pourrait révéler l’évolution de la communication au sein de notre famille primate. 

Derrière les intonations de votre voix de grand singe Nicolas, se cache peut-être la mémoire de comportements archaïques. 

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