Ce matin dans l’édito carré vous évoquez un phénomène qui semble toucher une bonne partie de la population…

Oui Nicolas puisqu’il s’agit du « blues du dimanche soir ». 

Vous avez passé le week-end l’humeur légère entre ripailles, copains et farniente et tout d’un coup juste après le déjeuner du dimanche, vous sentez poindre dans vos entrailles, une petite vague de spleen qui déferle sur vous au fur et à mesure que la soirée avance. Le spectre du lundi est revenu avec ce nuage grisâtre qui vient juste de se stationner au-dessus de votre bonne humeur, en vous plombant le moral pour le restant de la journée. 

Ce coup de cafard a beau revenir toutes les semaines ; son effet est implacable : le blues du dimanche soir vous colle aux baskets avec l’obstination d’un morpion.

Et qu’est ce qui peut expliquer cette angoisse ?

Plusieurs raisons sont à l’origine de cette mélancolie dominicale.

L’une des plus pertinentes concerne le changement de rythme que l’on impose à notre organisme pendant le week-end. Les horaires réguliers et la routine de la semaine volent en éclat avec les repas chargés, les couchers tardifs, et les grasses matinées. Notre corps déteste cette anarchie qui dérègle l’horloge biologique. Certaines personnes sont plus sensibles que d’autres à ce jet-lag physiologique de fin de semaine qui peut impacter le moral. Pour des individus qui aiment être dans l’action permanente l’ennui du dimanche peut être vécu comme un fardeau.

Et puis les symptômes de morosité, de rumination et de fatigue qui accompagnent souvent le blues du dimanche soir peuvent être aussi les marqueurs d’une anxiété ou d’une  petite dépression passagère. On appréhende le lundi avec par exemple une tendance à déformer les obligations professionnelles à venir. 

Attention aussi aux enfants, car un spleen marqué le dimanche, peut parfois avoir un lien avec la phobie scolaire. 

Et quelles sont les moyens de lutter contre ce blues du dimanche soir Mathieu ? 

Et bien l’idée la plus judicieuse et aussi sans doute la plus impopulaire est de vous réveiller le week-end à la même heure que dans la semaine pour ne pas désynchroniser votre organisme… J’en vois déjà qui couine derrière le poste… Mais en cas de coup de pompe, la micro sieste d’un quart d’heure après le déjeuner est très indiquée.

Fuyez aussi les programmes télé du dimanche totalement déprimants et ne vous infligez pas les déjeuners systématiques dans votre belle- famille si l’aspect répétitif vous irrite.

Et puis si vous êtes sujet à la rumination, évitez de rester chez vous comme une patate de sofa en jogging avec le cheveu gras et la mine verdâtre. Préférez une bonne marche à pied pour vous aérer et ne pas laisser les sombres pensées vous envahir.  

De mon côté Nicolas, je milite pour la création d’un nouveau jour dans la semaine : le lundranche, une fine couche temporelle qui viendrait s’intercaler entre le dimanche et le lundi. Seul façon selon moi d’atténuer ce spleen de fin de semaine.

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Le blues du dimanche soir ? La preuve que notre corps a besoin d'un rythme © Getty / PhotoAlto/Frederic Cirou
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