Dans l'édito carré, une étude qui évoque notre vulnérabilité face au risque climatique.

Une étude évoque notre vulnérabilité face aux dérèglements climatiques
Une étude évoque notre vulnérabilité face aux dérèglements climatiques © Getty / Jessica Moore

La semaine dernière, la revue Nature Climate Change publiait un travail original sur les risques cumulés liés au dérèglement du climat. Les chercheurs qui ont mené cette étude ont compilé plus de 3000 articles montrant les liens passés entre les aléas climatiques provoqués par les émissions de gaz à effet de serre et leur impact sur l’homme. 

Et au final, ils ont trouvé 467 façons différentes par lesquelles la santé humaine, l’eau, l’alimentation, l’économie, les infrastructures ou la sécurité ont été touchés par des risques climatiques comme les vagues de chaleur, les précipitations, la sécheresse, les inondations, les incendies, l’augmentation du niveau de la mer ou la chimie des océans. 

Un florilège de joyeusetés qui montre que d’ici 2100 la population mondiale sera exposée simultanément à un ou plusieurs dangers selon sa capacité à réduire ou non les températures. 

Les émissions de gaz à effet de serre ont donc des conséquences très variables ? 

En effet puisqu’elles sont aussi à l’origine de toute une cascade d'événements parfois inattendus et c’est ce qui ressort de ce travail. 

Les aléas climatiques peuvent ainsi affecter la santé mentale. La dépression et le syndrome de stress post-traumatique ont été régulièrement signalés après des tempêtes, des inondations ou des vagues de chaleur. L’étude signale de véritables détresses existentielles pendant des épisodes de sécheresse ou des cas de dépressions graves chez les Inuits ne pouvant plus pratiquer la chasse ou la pêche à cause de la fonte de la banquise, un élément essentiel de leur culture.   

Mais les risques climatiques entraînent également des effets sur la qualité nutritionnelle des cultures. La teneur en protéines de certaines céréales a diminué en raison de la sécheresse.  

Des effets sur les cours d’eau moins volumineux soumis au stress hydrique facilitent aussi la circulation d’agents pathogènes. 

Et puis l’étude montre qu’après des événements extrêmes l’impact économique est gigantesque avec la diminution de la productivité du travail, des emplois et des revenus. L’ouragan Katrina qui a touché la nouvelle Orléans et la Louisiane en 2005 a été humainement, socialement et économiquement désastreux avec ses 1 800 morts et ses 130 milliards de dollars de dégâts. 

Ces aléas climatiques fragilisent également le tissu social en faisant par exemple grimper les crimes ou les cambriolages. Des cas de violence domestique avec une importante augmentation du nombre de femmes battues ont même été associées aux inondations qui ont touché le Midwest des Etats-Unis en 1993. 

C’est donc la société dans son ensemble qui est vulnérable ?

Oui puisque quelques degrés en plus suffisent à tout déstabiliser au sein de cette relation homme-climat qui est intimement enchevêtrée. L’étude conclue en rappelant que les événements climatiques à venir ne feront pas de différence entre les pays riches et les pays pauvres. Et que nous allons devoir faire appel, dans les prochaines décennies, à une très grande diversité d’adaptations face à la multitude des risques. 

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