Petit à petit, localement, des parcelles apparaissent, et font pousser (en plus des arbres) un peu d’espoir sur ces terres arides.

Un arbre récemment planté dans le but de repeupler les forêts en déclin à Kyaninga, en Ouganda
Un arbre récemment planté dans le but de repeupler les forêts en déclin à Kyaninga, en Ouganda © Getty / Chris Dennis Rosenberg

Nous sommes chez Seydou Ouedraogo, paysan burkinabé pas peu fier d’avoir réussi à créer, en dix ans, une petite forêt (9 hectares) sur une terre, disaient ses grands-parents, “où plus rien ne pousserait”… Un désert, celui du Sahara, moins de 50mm de précipitations par an. Et dont le sable brûlant ne cesse de gagner du terrain, il s’est étendu de 10% en un siècle… Alors pour tenter de le freiner, on plante oui, des acacias, des jujubiers, des dattiers… une “ceinture” ou “muraille verte” comme parade, le projet a été lancé en 2007, 7500km de long, 15 de large, à travers 11 pays du Sahel, du Sénégal à l’Ouest à Djibouti à l’Est. 

Mais pourquoi le Sahara avance comme ça ?

Augmentation des températures, des sécheresses, l’immense lac Tchad qui draine de moins en moins d’eau, et puis les activités humaines comme la désormais célèbre déforestation… L’humus fertile se réduit comme peau de chagrin, en Afrique et ailleurs dans le monde. 

Ecoutez bien ce chiffre donné par la FAO, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, qui vient de recevoir le prix Nobel de la Paix : 1/3 des terres arables du globe sont menacées par la désertification. La Terre a déjà perdu l’équivalent des Etats-Unis, c’est une surface énorme.   

Les solutions comme la ceinture verte sont-elles efficaces ?

Dans l’absolu, oui, puisque remettre de la végétation protège les sols du vent et de l’érosion, les revitalise aussi grâce à la matière organique, sans parler des bénéfices pour les populations qui peuvent tirer profit des arbres plantés… 

Mais à condition d’abord que ce soit bien fait, parce que, pour vous donner un exemple, la Chine s’est lancée il y a 40 ans dans l’exercice pour le désert de Gobi, des milliards d’arbres plantés un peu n’importe comment, sans espacement suffisant, et qui ont un peu trop pompé dans les nappes phréatiques… Peut mieux faire donc…

Et à condition aussi que ce soit fait tout court… car dans le Sahel, ça avance très doucement depuis 13 ans… Il faut dire que les pays doivent tout financer eux-mêmes, certains vous le savez sont en plus des zones de conflit, et la population ne voit pas toujours d’un très bon œil ces projets, gourmands en eau… 

Mais petit à petit, localement, des parcelles apparaissent, et font pousser (en plus des arbres) un peu d’espoir sur ces terres arides. Dont nous parlerons cet après-midi dans la Terre au Carré, on reviendra aussi sur les origines du Sahara et des déserts en général… 

L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.