Les cambrioleurs ont des raisons de trembler… et c’est tant mieux car le nombre d’effractions ne cesse d’augmenter. L’année dernière selon le ministère de l'Intérieur, rien qu’en France, près de 250 000 personnes ont déclaré avoir été victimes d’un cambriolage ou d’une tentative de cambriolage.

Heureusement dans la panoplie d’outils derniers cris à la disposition des enquêteurs, un nouveau venu s’annonce comme un sérieux ennemi des cambrioleurs : le microbe ! 

Enfin les microbes pour être tout à fait précis. 

Les Arsène Lupin modernes aussi sournois soient-ils, laissent en effet trainer derrière eux des quantités astronomiques de bactéries, de champignons ou de virus, présents sur la peau ou dans les narines. C’est le microbiome. Et peu importe le port de gants ou de masque, une simple respiration suffit à le répandre dans une pièce.

Lorsque l’on sait que chaque heure, vous perdez plus de 35 millions de bactéries, la pêche aux microbes pourrait devenir une alliée de taille pour la police scientifique au même titre que les empreintes digitales ou les traces d’ADN. L’idée étant de comprendre si notre signature bactérienne peut se révéler aussi efficace qu’une empreinte digitale.

Ce qu'en disent les études scientifiques

En 2014, des professeurs et chercheurs de l’Illinois aux Etats-Unis ont réalisé avec leurs élèves transformés en faux bandits, une série de simulacres de cambriolages dans des dizaines de maisons.

Leur but : partir à la chasse aux dépôts microbiens.

L’équipe a découvert qu’elle pouvait identifier avec un taux de réussite dépassant les 70%, quel cambrioleur était entré dans les maisons visitées. Preuve que nous possédons tous une signature bactérienne qui nous est propre. 

Le microbiome peut donc non seulement servir d’outil d’identification mais aussi d’indication précieuse sur le mode de vie du voleur qui est passé par là, afin de restreindre le nombre de suspects.

Mais des problèmes persistent encore

Tout d'abord la signature microbienne disparaît à vitesse grand V. La carte d’identité bactérienne commence à se dégrader 30 minutes seulement après que le cambrioleur ait quitté la scène du délit. Les policiers doivent donc prélever les échantillons d’un individu au plus vite. 

Autre inconvénient : la composition de notre microbiome évolue rapidement dans le temps en fonction de ce que nous mangeons, des médicaments que nous prenons ou tout simplement des personnes avec lesquelles nous interagissons. Nos microbes se mélangent, ce qui complique sérieusement l’interprétation des résultats dans une enquête si deux personnes ont laissé leurs traces sur un même objet. 

Et puis dernier frein à cette technique : le séquençage à haut débit utilisé pour analyser la signature bactérienne, coûte très cher

La piste microbienne est donc pleine de promesse mais à réserver d’abord au casse du siècle plutôt qu’au cambriolage de Monsieur Duchmole. 

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