La phrase de Jacques Chirac « Notre maison brûle et nous regardons ailleurs » prononcée en 2002 au sommet de la terre en est la parfaite illustration. Il existe d’ailleurs un proverbe roumain qui dit sensiblement la même chose : « La terre brûle et grand-mère se peigne ».

Malgré les informations nombreuses sur le réchauffement climatique nos comportements ne se modifient pas
Malgré les informations nombreuses sur le réchauffement climatique nos comportements ne se modifient pas © Getty / Paul Souders

Mais grand-mère ou pas, malgré les incendies, les chaleurs records et les sécheresses qui s’intensifient, l’humanité se mobilise très peu et se contente de la méthode des petits pas pour reprendre l’expression employée par Nicolas Hulot il y a un an jour pour jour à ce micro lorsqu’il annonçait sa démission du gouvernement.

Cette résistance à l’action a de quoi intriguer et elle intéresse beaucoup les psychologues.

Et que montrent les travaux à ce sujet ?

Et bien qu’il existe des biais cognitifs tout à fait identifiables qui permettent d’expliquer cette inertie partagée par nous tous. 

Et figurez-vous que le premier biais qui nous induit en erreur est le biais d’optimisme comparatif. C’est la croyance que nous allons nous en sortir quoi qu’il se passe et que rien de réellement grave ne peut nous arriver. C’est cette confiance excessive qui nous empêche souvent de prendre le changement climatique au sérieux. 

La distance temporelle est une autre source d’obstacle psychologique. On pense en général que les effets du climat ne se feront sentir que dans un futur lointain. Alors pourquoi se fatiguer à vouloir le combattre aujourd’hui ?

Et puis Nicolas la nature humaine butte sur quelque chose de très difficile à modifier : ce sont les habitudes qui représentent un très fort prédicateur de la susceptibilité au changement. Les individus ayant de fortes habitudes dans leurs styles de consommation et dans leur mode de vie, ne sont pas réceptifs aux messages leur servant de la menace climatique à tous les étages. Or ce qui nous attend ce sont des perturbations majeures de notre mode de vie hérité de la révolution industrielle.

Et puis ajoutons que la science ne peut pas prédire avec une certitude absolue les effets immédiats ou distants du changement climatique ce qui ajoute une couche supplémentaire de complexité au problème. 

Le climatoscepticisme étant le point ultime de la résistance aux changements. Là au moins les choses sont claires: toutes ces histoires de réchauffement c’est de la roupie de sansonnet.

Et comment on change ? 

Et bien un moyen d’y arriver serait d’obtenir de la part des individus, la réalisation de quelques actes simples et peu coûteux susceptibles de déboucher ensuite sur des effets plus larges. Selon les psychologues, amener les gens à faire publiquement des gestes écoresponsables augmenterait significativement les changements de comportement. Nous sommes en effet très sensibles aux actes approuvés par le groupe auquel nous appartenons. Si tous les voisins de l’immeuble se mettent à pratiquer le tri sélectif, l’influence devient plus grande sur nos actions et sur nos propres décisions. 

Donc tout n’est pas perdu. Et ces freins au changement c’est le sujet tout à l’heure de la Terre au carré.

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