Même s'ils semblent moins touchés et souffrent généralement de formes cliniquement moins graves, la reprise de l’école à partir du 11 mai suscite déjà beaucoup d’angoisse chez les parents en raison du flou qui persiste sur la contagiosité des enfants.

Samedi, le Conseil scientifique semait d’ailleurs un peu plus le trouble en prenant ses distances avec le gouvernement dans sa volonté de rouvrir progressivement les écoles à partir du 11 mai. Le conseil scientifique préconisant une réouverture des classes en septembre « par précaution ». 

Il n’est donc pas inutile aujourd’hui de faire le point sur ce que l’on sait du Covid-19 en pédiatrie.  

D’autant qu’au début de l’épidémie, souvenez-vous, les scientifiques alertaient plutôt sur le pouvoir contaminant des enfants… Mais cet argument initial a été remis en question. Lorsque les premiers prélèvements ont été réalisés, les infectiologues se sont aperçus que la plupart du temps, les tests étaient 3 à 5 fois moins positifs chez l’enfant que chez l’adulte. Ils ont vu également que la très grande majorité de ces enfants avaient un adulte de leur entourage qui était déjà malade avant eux avec relativement peu de cas dans l’autre sens. 

Le caractère bénin de la maladie chez les enfants

Oui, ils semblent moins touchés et souffrent généralement de formes cliniquement moins graves, c’est ce que montrent différentes études dans le monde. 

Et alors même que les enfants sont un vecteur important d’autres virus comme la grippe, tout laisse à penser que les enfants ne sont pas une importante source de transmission du SARS-Cov-2 même si l’on manque toujours de données sur la capacité de contamination du virus entre enfants et des enfants à leur famille. 

Parmi les hypothèses pour expliquer ce phénomène, il est possible que la réponse immunitaire des enfants soit différente parce qu’ils sont globalement plus exposés aux infections virales ce qui leur permettrait de mieux se défendre face à un nouveau virus. Les vaccinations très régulières pourraient aussi mieux les protéger en stimulant leur système immunitaire. Mais les scientifiques avouent ne pas avoir toutes les réponses. 

Est-ce que beaucoup de recherches sont en cours concernant les enfants ? 

Oui et on peut parler en particulier d’une vaste étude menée sur 600 enfants en Ile-de-France dirigée par Robert Cohen et son groupe de pathologie infectieuse. Ce travail qui a débuté le 14 avril, va durer un mois. Il étudie deux groupes d’enfants : l’un présentant des symptômes du coronavirus, l’autre n’en présentant aucun pour y voir plus clair sur la capacité des enfants à transmettre le covid-19. Les résultats devraient arriver avant le 11 mai. 

En attendant, même si l’on pense que les enfants ne représentent pas une source majeure de contamination, les arrivées et les sorties d’école représentent un important lieu de brassage de la population et les risques pourraient principalement concerner les interactions entre adultes. Et Robert Cohen de rappeler que les écoles ne pourront pas fonctionner comme avant, tant qu’un vaccin ne sera pas trouvé. 

Il sera l’invité cet après-midi du virus au carré pour nous en parler. 

  • Légende du visuel principal: Les enfants et le Covid-19 © Getty / Justin Paget
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