Par les temps qui courent, la tentation de rester sous la couette tel un ours dans sa tanière en attendant des jours meilleurs est grande. Avant de choisir cette option, voyons d’un peu plus près comment ces plantigrades passent l’hiver.

Qu'ont les ours à nous apprendre ? Pourrait-on hiberner comme eux ?
Qu'ont les ours à nous apprendre ? Pourrait-on hiberner comme eux ? © Getty / Szabo Ervin-Edward / EyeEm

D’abord, ils n’hibernent pas vraiment

Ils hivernent avec un "v", c’est-à-dire qu’ils n’entrent pas dans un état léthargique comme le font les marmottes ou les hérissons qui sont, eux, de vrais hibernants. Leur métabolisme est profondément ralenti.

Pour les ours, l’hivernation est plus soft 

D’ailleurs tous n’hivernent pas et pour ceux qui le font, ca reste un sommeil léger entrecoupé de réveils. Sachez-le, il est fortement déconseillé de chatouiller un grizzli qui hiverne. Pendant cette période, les femelles ourses peuvent mettre bas.

Mais ça ne veut pas dire que l’hivernation est à la portée de la première espèce venue. Prenons l’exemple de l’ours noir : pendant 5 à 7 mois il ne mange pas, ne boit pas, n’urine pas, ne défèque pas. La température de son corps s’abaisse légèrement. Son cœur passe de 50 à 10 battements par minute. Et il peut rester sans bouger pendant un mois. 

Des humains contraints à une telle immobilité, développeraient des maladies cardiovasculaires. Leur squelette serait fragilisé et leur masse musculaire fondrait dangereusement. Les ours, eux, traversent cette épreuve avec beaucoup moins de dommage !

Quel est leur secret ?

Pour le savoir, des scientifiques effectuent régulièrement avec toutes les précautions nécessaires des prélèvements sanguins sur des ours pendant l’été quand ils sont actifs et durant leur hivernation. Les échantillons sont ensuite comparés et analysés. C’est ainsi, par exemple, que récemment des chercheurs de Strasbourg ont montré que le sérum d’ours d’hiver a un effet protecteur sur des cellules humaines de muscles cultivées in vitro. Cette découverte intéresse les agences spatiales car elle pourrait déboucher sur des traitements pour limiter la perte musculaire des astronautes lors de longs voyages spatiaux. Des traitements qui seraient également utiles pour les personnes contraintes à des alitements prolongés. Plus généralement ce type d’étude pourrait permettre de développer des médicaments contre l’ostéoporose, les maladies rénales, cardiovasculaires ou encore neurodégénératives.

Bref, l’hivernation des ours est inspirante à bien des égards. Alors que vous choisissiez ou non de rester sous la couette je vous recommande la lecture de L’ours - l’autre de l’Homme, écrit par Rémy Marion aux éditions Actes Sud.

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