Le 18 janvier dernier a été marqué par un grand écart des températures entre deux régions du globe. Ce jour-là en effet, l’amplitude thermique a été de 105,8°C. Au même moment Delyankir dans l’est de la Russie enregistrait -57,5°C alors que Tibooburra dans l’Est de l’Australie voyait grimper le mercure à 48,3°C.

Il n’est pas du tout anormal pour la Sibérie orientale de voir descendre le thermomètre aussi bas pendant l’hiver. Cette région de la Russie est habituée à tutoyer les extrêmes. Le record de froid jamais enregistré là-bas étant de -67,7°C le 6 février 1933.

En revanche, l’épisode actuel de chaleur en Australie est tout à fait inhabituel. De telles températures n’ont jamais été enregistrées et les canicules se succèdent avec une persistance impressionnante depuis fin décembre. Dans la nuit de vendredi à samedi, le pays a également battu le record de la nuit la plus chaude de tout l’hémisphère sud avec 36,1°C au « plus frais » de la nuit à Moomba en Australie Méridionale. 

Dans le reste du monde on peut noter aussi une succession de records historiques qui tombent les uns derrière les autres avec par exemple samedi 44°C relevés au Paraguay ou 40°C à Lo Pinto au Chili. 

Ces températures extrêmes vont-elles devenir la norme ?

Ce qui est frappant c’est le nombre de records de chaleur qui se succèdent partout sur le globe. Et selon les prévisions, les années à venir pourraient être bien pires. Une étude parue cet été dans Nature et réalisée par des chercheurs du CNRS indique que la tendance à court terme ne devrait pas s’inverser avec des températures qui devraient être anormalement chaudes pour toute la planète. A noter qu’une vague de froid d’intensité exceptionnelle comme en ce moment en Amérique du Nord n’est pas incompatible avec cette tendance. -30°C sont attendus au milieu de semaine à Chicago.

Et peut-on faire un lien direct entre les vagues de chaleur le réchauffement climatique ?

Les chercheurs se montrent toujours très prudents car il est tentant de confondre projection climatique sur le long terme et prévision météorologiques sur un temps court. Un record de chaleur battu à un endroit précis n’est pas forcément lié au réchauffement climatique et puis la hausse des température n’est jamais linéaire. 

Il est donc impératif d’observer les choses sur plusieurs décennies et d’éviter une lecture purement événementielle des évolutions actuelles. 

Cependant si l’on trace une courbe sur un siècle, on voit une très nette tendance vers la hausse globale des températures. 

Les quatre années les plus chaudes depuis la fin du XIXe siècle dans le monde, ce sont les quatre dernières années qui viennent de s’écouler avec 2016 en tête ! Ce que l’on observe est donc conforme aux modèles des climatologues avec des records de températures et la multiplication des épisodes caniculaires. Maintenir le réchauffement climatique à moins de 2°C semble donc plus que jamais un objectif à défendre. 

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