Focus sur une bête dotée d’un puissant venin et qui est tout simplement l’animal le plus long du monde puisqu’il peut allègrement dépasser la taille d’une baleine bleue. Il s’agit du ver lacet, également surnommé le « ver spaghetti ». Il appartient au groupe des Némertes. Nom scientifique : Lineus longissimus.

Cet invertébré marin qui ne mesure pourtant que 5 à 10 millimètres de diamètre, peut dépasser allègrement les 50 mètres de long ! Une bestiole interminable à laquelle nous devons le plus grand respect puisqu’elle peuplait déjà les océans du monde il y a plus de 500 millions d’années. 

A cette époque, la vie animale n’existait que dans les eaux du globe. C’était le règne des éponges, des méduses, des mollusques et des nématodes comme nos vers spaghetti. 

Aujourd’hui on trouve cette créature molle dans tous les environnements aquatiques, cachée dans le sable ou les rochers. C’est là que ce carnivore aime se planquer pour chasser à l’affut. Comparable à une masse gluante, sa peau est recouverte d’un mucus à l’odeur très très forte. 

Ce mucus lui sert non seulement de protection contre les prédateurs, mais aussi d’arme chimique redoutable. C’est ce que viennent d’expérimenter les chercheurs suédois qui ont déniché ce ver à 10 mètres de profondeur. Ils publient leurs travaux dans la revue Scientific Reports.   

Et qu’ont-ils découvert avec ce ver spaghetti ?  

En l’étudiant de très près, ils auraient mis la main sur la substance la plus toxique de tout le règne animal suédois ! Une toxine peptidique sécrétée par le mucus et qui permet à Lineus longissimus d’anéantir ses proies avec la maîtrise d’un grand maître Jedi. 

La façon dont ce redoutable chasseur passe à l’attaque est assez stupéfiante. L’opération se passe de la façon suivante : lorsqu’un poisson ou un crabe à la mauvaise idée de lui passer sous le nez, le ver libère son épais mucus tout autour de lui. En quelques minutes, la victime foudroyée sous les effets de la toxine, est paralysée. L’heure du dernier souffle a sonné. 

Mais le pire est à venir, car pour consommer son festin, le ver procède à l’évagination de son tube digestif. Le tube tout entier sort à l’extérieur de son corps gluant, et s’enroule autour de la proie. Des enzymes prennent ensuite le relais pour liquéfier l’amuse-bouche. Le ver avec sa mâchoire déformable n’a plus qu’à aspirer son déjeuner liquide et retourner se planquer dans ses rochers pour digérer tranquille. Le mucus de ce ver est une arme chimique implacable.

Une arme qui intéresse les scientifiques ?

Oui car des substances neurotoxiques similaires présentes chez les serpents, les araignées, les scorpions ou les cônes marins ont déjà trouvé des applications en tant que médicaments ou outils pharmacologiques. Mais jamais elles n’avaient été identifiées chez ces vers marins. Or l’effet puissant et rapide de ses toxines paralysantes pourrait par exemple servir d’insecticide très efficace.

Le ver lacet n’est donc pas seulement l’animal le plus long vivant sur terre, il est aussi un exemple de bio inspiration pour les chercheurs

Légende du visuel principal:
Lineus longissimus. Gravure sur plaque de cuivre peinte à la main par James Sowerby (1805) © AFP / Leemage
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