Mathieu, dans l’édito carré ce matin, vous nous parlez d’une source de pollution méconnue...

Oui Nicolas et l’homme qui n’est jamais à court d’idée lorsqu’il s’agit de prendre notre planète pour une poubelle, peut ajouter la pollution lumineuse sur sa liste déjà bien fournie. 

Une pollution qui malheureusement passe encore relativement inaperçue aux yeux du grand public. 

Une étude sortie mercredi dans la revue Science Advances montre les effets délétères de la lumière artificielle produits par les LED, ces lampes à diode électroluminescentes, qui sont littéralement en train d’inonder le marché. 

L’étude basée sur des observations par satellite, montre que les LED extérieures qui étaient censées provoquer une révolution énergétique, augmente en réalité la pollution lumineuse partout dans le monde avec des conséquences désastreuses pour la santé humaine, les animaux et les plantes. 

Et que dit cette étude ? 

Et bien elle nous dit que les gains énergétiques réalisés avec les LED ont entrainé l’installation de plus d’éclairages sur des sites qui n’en avaient pas auparavant. On appelle cela « l‘effet rebond ». C’est le même phénomène pour les voitures. Avec des véhicules plus économes en carburant, les conducteurs ont tendance à plus les utiliser et à allonger leurs trajets. 

Et quels sont les conséquences liées à ces lumières ? 

Le problème majeur de ces LED est lié au pic d’émission dans la couleur bleue. 

Car pour produire de la lumière blanche, les LED font appel au bleu et à un phosphore jaune. Et cette caractéristique pose de graves problèmes. 

Chez l’humain, les études montrent que le bleu provoque des dommages au niveau de la rétine, en particulier chez les enfants et les personnes âgées plus sensibles. 

Le bleu bloque aussi la production nocturne de mélatonine, cette hormone essentielle à notre rythme veille /sommeil…

Or ces LED on les retrouve partout dans les phares des voitures, les enseignes lumineuses et l’éclairage public mais aussi dans nos ordinateurs, nos portables et nos consoles de jeux.

D’autre part, l’impact de l’éclairage de nuit sur le comportement des animaux à de lourdes conséquences pour la biodiversité qui est majoritairement nocturne.

Romain Sordello qui étudie la question au Muséum rappelle que l’éclairage artificiel désoriente les déplacements des oiseaux migrateurs en entrainant une plus grande mortalité chez certaines espèces. Elle provoque aussi une perte d’habitat naturel chez les animaux qui fuient les sources lumineuses.  

De leur côtés, les insectes attirés par les lampadaires ne pollinisent plus les plantes qui voient leur succès reproducteur compromis. 

Et que dire de la perte de visibilité du ciel étoilé avec un tiers de l’humanité qui ne voit plus la Voie lactée.  

L’association Nationale pour la protection du ciel et de l’environnement nocturne tire la sonnette d’alarme depuis plus de 20 ans sur l’augmentation croissante des LED et sur l’aveuglement des municipalités qui ont tout misé sur cette technologie sans aucune expertise indépendante concernant  les performances réelles de cet éclairage. 

Il est donc temps que cette question de la pollution lumineuse et des LED ne restent pas une problématique marginale ; camouflée par une industrie dont le monopole et la croissance à deux chiffres laissent vraiment perplexe.   

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