Vous allez me dire : "N’importe quoi, on ne parle que de ça, partout, tout le temps". Le dire comme cet auditeur, qui nous écrit qu’on en fait trop à propos de l’écologie : "On est saturé de vos leçons de morale. C'est anxiogène et à mon avis contre-productif. Ça devient rasant", conclue le message sans prénom.

L'environnement dans les médias aujourd'hui
L'environnement dans les médias aujourd'hui © Getty / Spyros Arsenis / EyeEm

France Inter et la plupart des médias généralistes se sont effectivement mis au vert fluo depuis la rentrée : la question environnementale est arrivée dans le top de la hiérarchie des informations, avec des impasses désormais impossibles.

Parce que ça n’a donc pas toujours été le cas ?

Loin de la là, le climat n’est pas sexy. Ce n’est pas moi qui le dit mais la journaliste Anne-Sophie Novel qui consacre dans son livre Les médias, le monde et nous, tout un chapitre sur ce qu’elle appelle « l’impensé écologique ». 

Le climat, un thème qui n’est pas vendeur dans les rédactions des années 2000. Et un terme qui sonne à l’époque compliqué, renvoyant aux sciences, aux maths, aux experts. Bref « un truc qui fait peur, et fait fuir l’audience », d’après les propos qu’elle se souvient avoir entendus et qu’elle rapporte.

Il est vrai que la question n’est pas facile à traiter : complexe, et très abstraite. Dire par exemple qu’on doit limiter le réchauffement de la Terre à 1,5 degrés ne parle pas directement, ni à l’opinion, ni aux médias, qui préfèrent sentir les choses, les palper, pour réagir.

Et puis il y a une autre difficulté : l’angoisse que ça provoque chez nous, et la culpabilité qui va avec. Sans parler du système que l’urgence climatique remet en cause, mais dans lequel on vit – et on travaille aujourd’hui.

A partir de quand les choses ont commencé à changer ?

Anne Sophie Novel explique que c’est la COP21 à Paris qui a donné un coup d’accélérateur, avant que Nicolas Hulot n’enfonce le clou dans ce studio il y a pile 1 an et 2 mois, et que Greta Thunberg ne secoue nos apathiques dirigeants en leur disant droit dans les yeux de se bouger.

Mais vous savez quoi ? L’environnement est en fait présent dans la presse dès le milieu du XIXème siècle, avant que des publications spécialisées ne pullulent dans les années 70 : quelques titres, c’est cadeau : La Gueule ouverte, le journal qui annonce la fin du monde ou Le sauvage ou encore, sur l’ORTF, l’émission La France défigurée. Cela après le choc pétrolier et la mission Apollo 8, qui montre pour la première fois en entier notre planète, si petite et fragile vue de là-haut. 

Dans les rédactions, les journalistes se spécialisent, avec de doux surnoms comme "ayatollahs verts" ou "bisounours amoureux des fleurs". 

Désormais, on cherche à comprendre, profondément, ce qui se passe et c’est tant mieux, pour Anne-Sophie Novel, qui viendra développer tout cela dans la Terre au Carré.

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