Ah dites-le que ça fait bizarre quand on nous a habitués depuis toujours à parler de l’HOMME, préhistorique… Pourtant on était bien là, et tout aussi robustes ou musclées que vos ancêtres, messieurs.

Les femmes historiques ne sont que très peu figurées dans les manuels d'histoire. Pourquoi cela ?
Les femmes historiques ne sont que très peu figurées dans les manuels d'histoire. Pourquoi cela ? © Getty / Peter Visscher

Plusieurs analyses de squelettes d’Europe centrale, par exemple, révèlent des bras féminins puissants, qui en ont passé du temps à labourer les sols ou à broyer les grains avec de lourdes meules de pierre… 

D’autres analyses ADN montrent des lésions au coude, mais d’un seul côté, preuve d’une pratique régulière du lancer de projectiles, pendant la chasse… Et que dire de ces mains peintes dans des grottes, nombreuses, mains de femmes : elles pourraient donc elles aussi être artistes, plutôt que de passer leur temps à balayer ou attendre passivement le retour de leur héros parti défier le mammouth avec l’arme qu’il a lui-même taillé ? In-cro-yable !

Il s’agit des clichés diffusés sur la Préhistoire ?

Oui. Est-ce que vous savez qu’il a fallu attendre le début de notre siècle, le XXIème, pour que la femme apparaisse en tant que sujet dans les livres sur la Préhistoire, après avoir été des années l’être faible, dépendant… invisible, en fait, face à l’homme fort et créateur ? 

Une vision binaire et androcentrée diffusée par des archéologues et anthropologues masculins uniquement jusque dans les années 70, qui n’ont cessé, dans leurs travaux et interprétations, de calquer sur la société préhistorique leur système de pensée, le mode de vie patriarcal, la division sexuée des tâches… 

Or, aucun indice archéologique, rien, n’a jamais prouvé que c’était le cas au Paléolithique, et les progrès de la science permettent même de bousculer et déconstruire ces préjugés de l’imaginaire collectif. 

Avec quelles conséquences alors ?

Ouvrir le champ des possibles, apporter de nouvelles hypothèses explique la préhistorienne Marylène Patou-Mathis, dans son livre L’homme préhistorique est aussi une femme… Et donc montrer que l’histoire et la condition des femmes n’est pas figée, ça donne de l’espoir. Avec une dimension bien particulière en ce moment bien sûr… Elle écrit : "Les femmes préhistoriques sont tout aussi importantes que les hommes dans le processus d’humanisation" et s’appuie non pas sur l’idéologie, mais sur sa science ! 

Qui n’a jamais prouvé non plus au passage que ce sont bien des hommes qui ont peint la grotte de Lascaux. Marylène Patou Mathis viendra nous conter les aventures de ces sportives, chasseuses, agricultrices, artistes et guerrières tout à l’heure dans la Terre au Carré. 

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