Mathieu vous revenez ce matin dans l’Edito carré sur une publication qui vous a hérissé le poil !

Oui et il s’agit de l’étude, déjà évoquée à ce micro, concernant cette intelligence artificielle capable de déceler l’homosexualité et qui arrive déjà Nicolas au Panthéon de notre série très prometteuse sur les études à la con.

Selon les travaux effectués à Stanford, un algorithme de détection aurait donc appris à reconnaître le visage des homos. Et il serait plus fiable que des humains dans cette tâche, puisque le taux de réussite de ce « Gaydar » atteint les 80% !

Pour réaliser cette expérience, bête à manger du foin, les chercheurs ont fait tourner un algorithme d’apprentissage en utilisant 35 000 portraits tirés d’un site de rencontre. Précisons que les utilisateurs du site avaient indiqué leur orientation sexuelle, ce qui constitue un biais méthodologique car le réseau de neurones artificiel n’aurait sans doute pas réussi avec autant de succès si les photos avaient été piochées dans des clichés anonymes.

Qu’est ce que ces chercheurs ont voulu montrer exactement ?

Au-delà de s’offrir leur quart de célébrité avec une étude au titre racoleur, l’objectif, clairement assumé, était de montrer que les homosexuels ont des caractéristiques, des expressions et des styles vestimentaires qui leur sont propres et qu’une machine peut les distinguer. Vous savez, comme dans la cage aux folles. Un truc facile à repérer !

A défaut d’avoir mis la main sur le gène homo qui fait toujours fantasmer certains, les résultats ressortis de la moulinette à neurones ont révélés pour les homosexuels masculins, - roulement de tambour – des traits plus féminins, une mâchoire plus étroite, un nez plus long et le front plus large.

Ah ce bon vieux fantasme biologisant de l’homosexualité et cette obsession du classement !

Cela rappelle la grande époque de la phrénologie au 19 ème lorsqu’on pensait déceler les traits de caractères d’un humain dans les formes de son crâne. Un classique des pseudos sciences.

Et comment a été reçue cette étude dans le monde de la science ?

Mathieu : Et bien c’est peu dire que ce papier n’a pas fait l’unanimité et qu’il a même provoqué un sentiment de honte chez des chercheurs en intelligence artificielle, sidérés par l’utilisation faite de leurs outils et le manque de considérations éthiques. Certains s’inquiétant, que ce ne soit, que le début de quelque chose de bien pire encore.

Imaginez des Etats ouvertement homophobes, dotés de ces logiciels de détection.

Même si des chartes éthiques existent au sein des institutions scientifiques, il semble urgent, au cœur de cet engouement pour les intelligences artificielles, que les chercheurs fassent barrage pour empêcher ce type d’expériences.

On peut d’ailleurs s’étonner qu’une telle étude puisse franchir les étapes de la publication.

A ce sujet, je vous invite à lire la première partie d’un dossier passionnant du cahier Science et Médecine du Monde daté d’hier et consacrée aux coulisses des publications scientifiques. Y sont révélées, les pratiques et les zones d’ombres des revues.

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