Retour sur le débat enflammé autour de la 5G alors que l’appel d’offre pour l’octroi des fréquences va débuter demain en France…

Pancarte lors d'une manifestation contre la 5G, le 26 septembre à Nantes
Pancarte lors d'une manifestation contre la 5G, le 26 septembre à Nantes © AFP / Estelle Ruiz / Hans Lucas

Je regrette d’avoir vous dire à quel point j’ai mal vécu l’allusion d’Emmanuel Macron sur les Amish en tant qu’adorateur de la "Petite maison dans la prairie". En insinuant que les descendants de la famille Ingalls n’était qu’une bande de demeurés tout juste capables de couper des buches et cuisiner des Apple pie avec des bonnets en coton sur la tête, le chef de l’Etat a envoyé un signal méprisant bien au-delà du village de Walnut Grove … Ce sont toutes celles et ceux qui se posent des questions légitimes sur cette nouvelle technologie qui ne se reconnaissent pas dans cette caricature de réac préférant s’éclairer à la lampe à huile.  

Alors que les industriels présentent la 5G comme une révolution et un tournant majeur, les citoyens veulent peser à juste titre sur le débat en interrogeant les différents aspects liés à cette innovation  

Quelles sont les questions qui se posent ?  

Elles sont nombreuses concernant l’aspect sanitaire, les menaces sur les libertés publiques, la consommation énergétique et les impacts écologiques. Et au cœur de toutes ces problématiques, une question centrale : avons nous besoin de la 5G pour vivre mieux ? 

Dans un contexte où la société ne se satisfait plus d’une course aveugle aux technologies, les inquiétudes des concitoyens méritent mieux que des propos ironiques sur les Amish.  

La 5G a été imaginée pour faire circuler de l’information à grande vitesse, en multipliant les performances en terme de débit et de délai de transmission. Elle est présentée comme économe en énergie et même comme un moteur de la transition écologique. Sauf que beaucoup relativisent cet enthousiasme. 

L’ARCEP, l’autorité de régulation des communications affirme au contraire que la 5G "pourrait engendrer une augmentation des gaz à effet de serre des opérateurs en raison de l’amélioration de l’efficacité énergétique qui ne suffira pas à contrebalancer l’augmentation du trafic".

Dans les pays où elle est déjà en place comme en Chine, la 5G fait figure de gouffre énergétique au point que pour soulager le réseau électrique, des opérateurs dans certaines villes mettent leurs infrastructures en pause pendant la nuit. 

Que sait-on des effets de la 5G sur la santé ?    

Rien de solide. Aucune étude n’a pour le moment montré l’innocuité ou la nocivité de la 5G. 

Fin janvier dans un rapport préliminaire, l’ANSES concluait à l’impossibilité d’évaluer les risques en raison du manque de données scientifiques sur les effets biologiques et sanitaires liées aux fréquences. Mais les effets potentiels à long terme sont une source d’inquiétude. 

Face à toutes ces inconnues, la convention citoyenne sur le climat a exigé un moratoire en attendant les résultats des évaluations. Mais elle n’a pas été entendue. Un véritable camouflet pour ce groupe de citoyens qui a pourtant été formé sur ces questions. La première version de la 5G pourrait voir le jour d’ici fin 2020 dans certains départements. Nous y reviendrons dans la Terre au Carré. 

L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.