Faut il vraiment sauver le petit ourson de Chine ?

Le 4 août dernier, la naissance tant attendu d’un bébé panda au Zooparc de Beauval a suscité un mouvement d’enthousiasme qui a dépassé l’entendement.
Le 4 août dernier, la naissance tant attendu d’un bébé panda au Zooparc de Beauval a suscité un mouvement d’enthousiasme qui a dépassé l’entendement. © AFP / GUILLAUME SOUVANT

Vous revenez ce matin sur le phénomène de pandamania qui s’est emparé de la France cet été ...

Oui. Le 4 août dernier, la naissance tant attendu d’un bébé panda au Zooparc de Beauval a suscité un mouvement d’enthousiasme qui a dépassé l’entendement.

Il faut dire que l’opération de communication commencée dès 2012 - avec l’arrivée dans le Loir et Cher du couple de panda Géant en provenance de Chine- a été savamment orchestrée. Et cet été on a assisté à un véritable raz de marée de communiqués sur les réseaux sociaux avec retransmission en mondovision de l’arrivée du divin enfant à l’allure pourtant de petit rat rosé. Mais je vous l’accorde la naissance d’un bébé panda est rare.

Très rare même puisque la femelle Panda n’est féconde que 48 heures dans l’année !

Pour peu que Monsieur soit occupé à bricoler dans ses bambous, tout est fichu et remis à l’année suivante ! Petite précision d’ailleurs, c’est une insémination artificielle qui a permis à Mini Yuan Zi de voir le jour.

Mais comment expliquez-vous l’engouement pour cet animal ?

Le cas du Panda est emblématique du travail historique de conservation tourné vers des espèces menacées et qui a touché la sensibilité du public.

Dès les années 60 le WWF, le fond mondial pour la nature a d’ailleurs choisi le panda comme symbole de ses actions de protection. Et aujourd’hui le travail semble avoir porté ses fruits puisque le panda est passé selon l’IUCN du statut d’espèce en danger à celui de vulnérable.

Mais si le panda touche à ce point les foules - et le cœur de Brigitte Macron- il est aussi très discuté chez les professionnels de la conservation ; certains dénonçant les moyens disproportionnés qui lui sont accordés, au détriment d’espèces tout aussi menacées mais au potentiel érotique beaucoup moins évident.

Il est vrai qu’il est plus difficile pour l’escargot de Corse, la vipère Orsini ou le crapaud calamite de rivaliser avec notre mammifère asiatique tellement plus glamour. Et c’est justement tout le problème : en fonction de quoi choisir les espèces à protéger ?

La question n’est donc toujours tranchée aujourd’hui ?

Non, loin de là. Et c’est même le cœur d’une immense problématique qui tente de définir des critères de sélection afin de déterminer les espèces à préserver en priorité.

Faut il par exemple sauver celles qui sont en danger critique ? Ou bien les plus utiles - comme les abeilles pollinisatrices- dont les services rendus à l’homme sont colossaux ?

La notion « d’utilité des espèces » est apparue dans les discussions mais il est très compliqué d’essayer d’établir une hiérarchie objective dans ce domaine.

Certains pensent de façon assez radicale que le panda ne mérite même pas d’être sauvé en raison d’une perte irréversible de son habitat.

La question risque donc de se poser encore longtemps.

En attendant une réponse claire, elle a peut être au moins le mérite de nous interroger sur notre rapport à la nature en nous sensibilisant à la protection des espaces naturelles et en nous incitant à limiter nos pressions sur la biodiversité...

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