La forêt de Chantilly dépérit. Sera-t-elle toujours là dans 50 ans ? Les chênes qui représentent la moitié des arbres de ce massif sont les plus touchés. 50 000 d’entre eux (soit 30 %) sont sur le point de mourir. D’autres espèces moins présentes comme les tilleuls commencent elles aussi à péricliter.

La forêt autour du Château de Chantilly
La forêt autour du Château de Chantilly © AFP / Jérôme Houyet / Only France

Principal responsable de cette hécatombe : encore et toujours le dérèglement climatique

En 30 ans, la température s’est élevée d'un degré et demi en moyenne. Les périodes estivales sans pluie se sont allongées. Et comme le sol sableux de la forêt de Chantilly ne retient pas l’eau, les arbres sont vite assoiffés. 

A cela s’ajoute, depuis trois ans, l’attaque d’une horde de hannetons. Les larves de ces coléoptères se nourrissent des racines tandis que les adultes dévorent les feuilles de ces arbres déjà affaiblis. 

Face à cette situation alarmante, le mouvement « Ensemble, sauvons la forêt de Chantilly » a vu le jour cette année. Il rassemble forestiers, scientifiques, élus, riverains ou encore membres d’associations de défense de l’environnement.

Et comment tous ces gens comptent-ils agir ?

  • Il y a d’abord un travail d’observation à mener par les scientifiques, avec l’aide de bénévoles pour comprendre plus finement ce qui se passe. Par exemple, pourquoi certains chênes survivent-ils et d’autres pas ?  Peut-être ont-ils des gènes de résistance à la sécheresse ou à l’agression des hannetons. Dans ce cas il faudrait replanter en priorité les glands de ces individus. 
  • Il y a aussi des décisions à prendre collectivement : on trouve dans cette forêt des pins maritimes de 80 ans qui se portent très bien. Serait-il opportun d’aller semer leur graine un peu partout dans le massif ?
  • Il est également envisagé d’implanter d’autres essences davantage adaptées aux nouvelles conditions climatiques comme l’érable de Montpelier, le chêne vert ou encore le pin d’Alep. 

Avec ces nouvelles espèces la forêt de Chantilly ne serait plus tout à fait la même. 

De toute façon, cette forêt va changer. Selon les forestiers, si on ne fait rien, dans cinquante ans, elle risque d’être remplacée par une lande broussailleuse. La stratégie est donc de tout faire pour maintenir le plus longtemps possible les espèces actuelles en place et parallèlement d’introduire progressivement des espèces plus adaptées pour augmenter les chances de survie de cette forêt qui n’a jamais cessé d’évoluer. Son histoire commence au Moyen-Age. Elle a été plantée par les humains et aménagée au fil des siècles. 

Si les solutions expérimentées à Chantilly s’avèrent efficaces, elles serviront ailleurs car les autres massifs forestiers de France sont aussi, à des degrés divers, impactés par le changement climatique et ils le seront malheureusement de plus en plus à l’avenir.

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