Il s’agit de potagers miniatures, éparpillés un peu partout dans les villes, où poussent betteraves, tomates, ciboulette et autres groseilles, que n’importe qui peut ramasser et manger... si possible en en laissant un peu aux autres !

Fruits et légaumes
Fruits et légaumes © Getty / Richard Drury

"Planter, arroser, partager", voilà les trois mots d’ordre du collectif qui veut semer partout où c’est possible, du bout de trottoir au rond-point en passant par la pelouse laissée à l’abandon là-bas près de l’école. L’objectif est de transformer l’espace urbain en potager géant et gratuit. 

Qui se cache derrière les Incroyables Comestibles ?  

Des centaines de bénévoles et citoyens, actifs dans 25 pays du monde, dont la France, où ils se disent présents dans plus de 500 communes… Il y a Albi, Rennes, La Rochelle, Annecy parmi elles, et le village alsacien de Colroy la Roche, premier à s’y mettre en 2012.  Mais c’est dans la grisaille britannique que sont nés les Incredible Edible, en version originale, à Todmorden, ville assommée par la désindustrialisation comme ses voisines du nord-ouest anglais. 

Pam, habitante du coin, en a assez d’entendre que la planète va mal - et c’était il y a plus de dix ans, je le précise - elle décide donc d’agir à son petit niveau avec l’aide de Mary, l’animatrice socioculturelle de la ville. Quelques radis et un pied de rhubarbe plus tard devant chez elles, puis devant la gare et le commissariat, le mouvement est lancé. Et la cité de Todmorden, 15 000 âmes, devient presque auto-suffisante en  trois ans à peine.   

Peut-on planter des fruits et des légumes n’importe où en ville ?

Non, si vous vous imaginez déjà planter des choux au pied d’un réverbère en solo, halte là et posez cette pelle. 

Il vaut mieux d’abord utiliser un espace privé qui donne sur la voie publique, un bac par exemple, vous y placez un panneau « Nourriture à partager » - la marque de fabrique des Incroyables Comestibles - et plus il y aura d’adeptes, plus la mairie comprendra qu’elle ferait bien de vous autoriser à investir ses zones à elle. 

Ou alors, passez tout simplement par les groupes déjà existants, ils cherchent toujours du monde. Ces jardins comestibles sont en tout cas l’une des nombreuses options dans la jungle de l’agriculture urbaine - avec les jardins partagés, les toits végétalisés ou les parkings reconvertis en fermes bio.  

Délire bobo ou jardinage utopique, diront certains, à qui les adeptes répondront qu’en 2050, deux personnes sur trois habiteront en ville et que les carottes ne poussent pas dans les supermarchés. 

Un petit conseil jardinage, d’ailleurs, pour ces potagers en libre service : les plantes aromatiques, les salades et les radis sont les plus faciles pour démarrer, sachez aussi que les fraises poussent très bien dans de petits espaces. 

Aller plus loin

  • Si vous voulez en savoir encore plus, rendez-vous cet après-midi dans La Terre au Carré
  • Aller sur le site officiel des Incroyables Comestibles
  • Video : un reportage sur les Incredible Edible de Todmorden :
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