Le déconfinement qui s’annonce à partir du 11 mai est une entreprise infiniment délicate, dont la réussite sera cruciale pour éviter l’arrivée d’une deuxième vague épidémique avec une reprise des contaminations.

La crainte de cette deuxième vague semble croître partout dans le monde.

  • En Chine, la découverte de foyers de contaminations a entrainé de nouvelles restrictions dans certaines provinces du pays. 
  • Singapour qui avait pourtant réussi, dans un premier temps, à contenir la propagation du virus, fait face à une augmentation du nombre de personnes contaminées et vient de prolonger son confinement jusqu'à début juin. 
  • Et même l’Allemagne avec un taux de contagion qui vient de remonter de 0,7 à 1 évoque aujourd’hui la possibilité d’une deuxième vague… 

L’Allemagne pourtant citée en exemple dans sa lutte contre le Coronavirus…

Le virologue Christian Drosten à l’origine de la politique de tests de masse chez nos voisins d’outre-Rhin s’inquiète même d’une deuxième vague de Covid-19 plus violente que la première avec le déconfinement qui est en cours et qui pourrait entraîner une répartition du virus sur l’ensemble du territoire. Angela Merkel s’est inquiétée à plusieurs reprises de la tentation de l’opinion et de nombreux responsables politiques de vouloir brûler les étapes en rappelant qu’avec un taux d’infection à 1,1 le pays atteindrait les limites de son système de santé en terme de lits en réanimation d’ici octobre. 

Un déconfinement trop rapide pourrait donc conduire à un redémarrage de l'épidémie

C’est ce que rappelait en France le Conseil scientifique dans son avis du 20 avril.

On sait qu’à partir du 11 mai dans notre pays aura lieu une remontée du nombre de contaminations, tout le problème, selon l’épidémiologiste Pierre-Yves Boelle, sera de garder l’épidémie sous contrôle avec idéalement un taux de reproduction du virus en dessous de 1. Mais la marge de manœuvre est très étroite entre une épidémie qui progresse lentement et une pandémie hors de contrôle. Il rappelle que notre taux d’immunité collective reste toujours trop faible pour supprimer la circulation du virus et éviter une seconde vague. 

La Covid-19 va donc nous accompagner encore longtemps et si nous observons aujourd’hui une réduction de la transmission du virus, c’est parce que les mesures de précaution ont été respectées.

En Suisse, des travaux de modélisations avec deux scénarios d’assouplissements pourtant relativement prudents montrent que la levée du confinement se heurte aussi à la perspective d’une deuxième vague entre juillet et septembre avec 5000 à 20000 décès à la clef.

Et enfin selon une étude de chercheurs de l’Université d’Harvard publiée le 14 avril plusieurs périodes de distanciation physiques seront sans doute nécessaires jusqu’en 2022 pour empêcher que le Covid-19 n’engorge les hôpitaux aux Etats-Unis.

Même si de nombreuses zones d’ombre persistent encore autour de ce nouveau coronavirus, une deuxième vague épidémique semble donc très difficile à éviter. Nous y reviendrons tout à l'heure, à 13H30, dans "Le virus au carré".

  • Légende du visuel principal: La deuxième vague de Covid-19 © Getty / krisanapong detraphiphat
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