Ce matin dans l’édito vous vous intéressez au répertoire vocal des poules.

Oui et ne gloussez pas Nicolas parce que j’évoque encore ici les capacités de Gallus Gallus Domesticus notre gallinacé domestique chéri. 

Mais la poulette nous prouve encore qu’elle est tout sauf une dinde avec sa communication vocale qui est un modèle pour la science et qui inspire nombre de chercheurs.

C’est ainsi que des algorithmes d’apprentissage viennent d’être sollicités pour tenter de décoder son langage. Et personnellement je trouve que ça a vraiment de la gueule de pouvoir accoler la notion « d’intelligence artificielle » à nos poulets qui sont encore trop souvent regardés avec les yeux du mépris. 

Et où se passe cette expérience Mathieu ? 

Et bien aux Etats-Unis où des chercheurs de l’Université de Géorgie ont travaillé avec des éleveurs afin de mettre au point un programme d’apprentissage automatique qui puisse analyser les vocalisations des poulets préalablement enregistrées. 

Ce recours à une intelligence artificielle vise à mieux cerner l’état de santé de ces animaux d’élevage soumis à la promiscuité et au stress. Les poulets devenus cobayes ont ainsi été confrontés à plusieurs situations pour déceler en particulier leurs maladies respiratoires. 

Et l’algorithme utilisé a prouvé qu’il pouvait faire la différence entre une poule en détresse ou une poule heureuse, si tenté que ce volatile puisse être heureux dans un élevage intensif qui compte plusieurs milliers de congénères… 

Mais d’un point de vue purement comportemental, l’expérience a montré toute la subtilité de la communication chez ces oiseaux. 

On peut donc parler d’un langage chez la poule ? 

Absolument et c’est d’ailleurs l’objet du travail que mène l’éthologue Sophie Lumineau à l’Université de Rennes. Elle montre que les choses commencent très tôt entre la poule et son poussin. 

Dès l’incubation, 3 jours avant l’éclosion, le poussin va en effet percer la membrane située sous la coquille de son œuf pour vocaliser avec sa mère. La femelle glousse, le petit pépie et c’est parti pour un dialogue qui ne va plus s’interrompre. 

C’est grâce à son syrinx, l’équivalent de notre larynx, mais avec deux paires de cordes vocales, que la poule va caqueter.

Les chercheurs ont distingué 24 vocalisations différentes

Dans ce répertoire vous connaissez tous le plus connu : le célèbre « cocorico » qui est le cri sexuel du mâle appelant sa dulcinée à aller batifoler avec lui sur la botte de paille. 

Mais vous avez aussi en mémoire le non moins populaire « Cotcotcotcodec », qui correspond à un cri d’alarme émis en cas de danger. Et il existe même des nuances pour préciser si le prédateur est aérien comme le rapace ou terrestre comme le serpent ou le renard. Dans le cas du « Cotcotcotcodec » du rapace, le son se fait perçant, court et aigu.  

Et puis il y a les cris d’offrande alimentaire. La poule est capable de transmettre ses préférences à son poussin en pointant avec le bec l’aliment qu’elle lui recommande. 

Soulignons enfin que la poule a beaucoup facilité le travail des chercheurs avec ses cris facilement identifiables qui sont dotés d’un début et d’une fin bien marqués, comme le cocorico

C’est avec cet hymne matinal des basses-cours que je  termine aujourd’hui mon édito.  

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Le langage des poules intéresse les chercheurs © Getty / Bloomberg
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