Dans l’édito carré, la question des voyages au cœur des réflexions sur le changement climatique. Le tourisme de masse est-il compatible avec le tourisme durable ?

La randonnée : une forme d'éco-tourisme
La randonnée : une forme d'éco-tourisme © Getty / Jordan Siemens

En 2030, selon l'Organisation Mondiale du Tourisme, le nombre de voyageurs devrait atteindre 1,8 milliards de touristes soit une personne sur cinq dans le monde. Un chiffre impressionnant à l’heure de la bataille contre le changement climatique puisque ce secteur est particulièrement polluant. 

Dans une étude publiée en mai 2018 dans la revue Nature Climate Change, des chercheurs ont voulu évaluer toute la chaîne de production en prenant en compte à la fois le transport, l’hébergement, la nourriture, et même les objets souvenirs. Résultat : le tourisme mondial serait responsable d’environ 8% des émissions de gaz à effet de serre sur la planète. Les auteurs de cette étude espéraient fournir un point de départ pour des réflexions sur des voyages plus sobres en carbone. 

Oui mais le tourisme de masse est-il vraiment compatible avec un tourisme durable ? 

On peut en douter effectivement. Dans son ouvrage « Manuel de l’antitourisme », le sociologue Rodolphe Christin écrit que le tourisme est un « parasite mondophage » et le touriste un être paradoxal qui « déclare son amour à cette planète qu’il visite dans ses moindres recoins et qu’il contribue à épuiser impitoyablement ». 

Mais les choses sont quand même en train de bouger chez les acteurs du voyage qui essayent de faire évoluer leurs pratiques. 

Le grand enjeu étant l’empreinte carbone du tourisme du côté des voyageurs comme des pays à destinations. Citons par exemple les îles qui représentent un vrai point chaud. Aux Maldives 95% des émissions de CO2 sont directement liées au tourisme. Les petites îles sont très dépendantes des revenus générés par le tourisme mais cette activité menace aussi directement la biodiversité insulaire. Les déchets et la pollution par le plastique y sont un problème majeur. Tout comme le fioul lourd des bateaux de croisière. 

Au cœur du problème, les consommateurs ont aussi le devoir de réfléchir à leur manière de voyager ce qui n’est pas simple lorsque par exemple comme en France l’avion coûte moins cher que le train.

Et quelles sont les clefs du changement ? 

Selon Julien Buot qui dirige l’association ATR qui regroupe les acteurs du voyage responsable en France, tout commence en voyageant moins, moins souvent, moins loin mais pourquoi pas plus longtemps. La question n’étant pas de ne plus voyager du tout mais de mieux voyager. 

L’association a créé en 2007 un label pour améliorer l’impact du tourisme sur la planète. Elle exige depuis 2015 l’évaluation de l’empreinte carbone des opérateurs de voyages. A partir de cette année le label présente de nouveaux engagements contre le changement climatique en demandant à toutes les entreprises qui prétendent au label, de compenser 100% de leurs émissions de CO2 à travers des projets de solidarité climatique. Ces projets devront générer des crédits carbones certifiés. L’idée étant également de sensibiliser le public en proposant aux clients de payer une partie de la compensation carbone.

Voyager nous questionne et nous parlerons du tourisme durable cet AM dans la Terre au carré.  

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