Ce matin, un édito carré passé au détecteur de mensonges…

Le détecteur de mensonges
Le détecteur de mensonges © Getty / RichVintage

Avec un article publié la semaine dernière dans la revue New Scientist et qui titrait "La vérité sur les détecteurs de mensonges : ils ne fonctionnent pas et n’ont jamais fonctionné"

Le journal s’étonnant de voir les appareils polygraphiques (le nom scientifique des détecteurs de mensonges) rester toujours en service malgré leur discrédit.  

Pour illustrer son sujet, New Scientist évoquait un drame qui s’est produit il y a quelques jours dans un Show télévisé diffusé au Royaume-Uni. Le principe de ce programme était de faire parler devant le public des personnes ayant des relations conflictuelles et d’agrémenter les discussions d’un test au détecteur de mensonge. Dans un épisode récemment tourné, mais jamais diffusé, un sexagénaire a échoué à un test destiné à découvrir s’il avait trompé sa fiancée. Quelques temps après, l’homme a été retrouvé mort. L’émission vient d’être déprogrammée par la chaîne ITV. 

Les tests au détecteur de mensonge ne sont pas vraiment rares à la télévision et ils continuent dans certains pays à pimenter les émissions qui les emploient. Mais leur usage va plus loin. En Ukraine, les preuves issues de ces tests sont admissibles devant les tribunaux, tandis qu'aux États-Unis, elles sont utilisées dans l’armée ou dans le processus de recrutement des emplois gouvernementaux. Tout cela est plutôt inquiétant souligne New Scientist car les détecteurs de mensonges ne sont pas à la hauteur de leur réputation. On les présente comme des outils qui s’appuient sur des bases scientifiques alors qu’il n’en est rien.

Et comment fonctionnent ces machines ? 

Tout est basé sur les réactions physiologiques et corporelles. Les agents qui sont habilités à utiliser ces appareils polygraphiques, mesurent le pouls, la tension artérielle et la respiration d’une personne tout en lui posant une série de questions banales par exemple sur son âge ou ce qu’elle a mangé au petit-déjeuner. 

Ensuite, arrivent les questions plus ciblées, comme : "Avez-vous trompé votre partenaire ?". Si les signes vitaux s’accélèrent, on considère que les personnes interrogées ont menti.

Le criminologue Bertrand Renard parle de cette technique comme d’une mise sous pression dont la validation est difficilement acceptable. On présume en effet que les réactions physiologiques sont liées à un mensonge. Or, rappelle Bertrand Renard, une personne qui est convoquée par la police peut naturellement manifester des réactions de stress sans pour autant être coupable. Demander à quelqu’un s’il est infidèle, vous pourriez facilement lui accélérer le rythme cardiaque qu’il le soit vraiment ou pas. 

Difficile donc de bien mesurer le mensonge

Oui et cela remet en question l’usage que l’on peut faire de ces pseudo-outils dont certains disent qu’ils ne sont pas plus scientifiques que l’astrologie ou le tarot. 

Pourtant en dépit de cette fiabilité très discutable, ils restent donc utilisés dans certains pays. 

Un spécialiste de l’association américaine des polygraphes Darryls Starks a avoué que ces appareils ne détectaient pas vraiment les mensonges et que le seul vrai détecteur de mensonge qui existait chez les êtres humains… c’était leur mère. Ah le saint homme, lui dit vraiment la vérité !  

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