On a changé d'heure, les jours raccourcissent, les températures chutent… On resterait bien chez soi à hiberner ! Sauf que cette capacité qu'ont certains animaux n'est pas encore à portée humaine. Mais, selon des scientifiques réunis lors d'un congrès de l'Association américaine de physiologie, on s'en rapproche.

Les jours refroidissent et il devient plus dur de sortir du lit... Et s'il était temps d'hiberner ?
Les jours refroidissent et il devient plus dur de sortir du lit... Et s'il était temps d'hiberner ? © Getty / Alex and Laila

Il a beaucoup été question des animaux qui hibernent la semaine passée lors du congrès de scientifiques qui s'est tenu à la Nouvelle-Orléans (USA). Les médecins peuvent-ils s'en inspirer pour ralentir le métabolisme humain ? La NASA est particulièrement intéressée car l'hibernation synthétique serait idéale pour supporter des voyages très lointains. L'aller simple vers Mars durera 6 mois minimum... C'est long et endormir l'équipage permettrait d'éviter l'ennui des astronautes et de limiter les vivres à emporter donc le poids, le cauchemar du spatial .

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Les mécanismes ingénieux que les animaux mettent en oeuvre pour atteindre la torpeur font l'objet de recherches depuis longtemps. Tous les secrets n'ont pas été percés.  

Il faut d'abord distinguer les vrais et les faux hibernants ! 

  • Les "vrais" sont les animaux qui réduisent leur activité et baissent leur température corporelle juste au dessus de la température ambiante. Ils conservent ainsi leur énergie. C'est ce que font l'ours, la tortue...  ou le spermophile arctique, un petit écureuil qui perd 2° tout l'hiver. Le tamia rayé, un autre rongeur, 6° ! 
  • Les faux hibernants sont les batraciens et reptiles à sang froid.  

L'hibernation rend aussi les animaux plus résistants aux radiations.... Intéressant pour les voyages spatiaux. Puisque c'est un autre obstacle jusqu'ici non résolu en dépit des combinaisons ultra protectrices.

Ralentir le métabolisme, une pratique déjà adoptée par la médecine 

À ce jour, les neurones impliqués dans le ralentissement programmé du métabolisme ne sont pas identifiés. Certaines études ont mis en évidence qu'ils étaient situés dans le bulbe rachidien, une structure appelée Noyaux du raphé.  

Autre incertitude : la frontière entre hibernation et torpeur.

Pourquoi par exemple, le spermophile arctique dont je vous ai parlé, se réveille t-il au cours de son hibernation tous les 15 jours pour remonter sa température à 37°? 

Quant aux frégates du Pacifique, des oiseaux capables de voler 50 jours d'affilée sans se poser, elles ne dorment que d'un hémisphère. Par quel tour de force?

Quoiqu'il en soit, parce qu'on avait réussi à réanimer sans séquelles neurologiques des enfants tombés dans un lac gelé et en arrêt cardiaque pendant quasiment 1 heure, les médecins ont exploré la voie du ralentissement métabolique par le froid. Depuis 5 ans, dans les services de néonatalologie, les médecins pratique "l'hypothermie contrôlée". Si l'accouchement s'est mal passé, que l'enfant a manqué d'oxygène, les médecins abaissent de façon volontaire et contrôlée la température de son corps à 34° avec une enveloppe réfrigérée. Pendant 48 à 72 heures, l'organisme du nouveau né est ainsi mis au ralenti. Le froid réduit les besoins en oxygène des organes secondaires et permet au cerveau de récupérer. Cela réduit la mortalité et les risques de séquelles.

Les médecins ont aussi recours à ce refroidissement contrôlé en cas d'arrêt cardiaque. Perfuser le patient avec un sérum physiologique froid permet de mettre ses organes en mode économique et de protéger son cerveau. C'est désormais une recommandation de la société française de cardiologie que d'appliquer ce protocole.

Au fond, le scénario de l'hibernation synthétique n'est peut-être bientôt plus de la science-fiction.

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