La solastalgie n’a rien de solaire, c’est même plutôt le contraire : l’obscurité et la déprime qui s’incrustent dans votre esprit quand vous pensez à la situation climatique.

Déprime
Déprime © Getty / ferrantraite

C’est un philosophe australien qui a inventé cette notion en 2007, qu’on pourrait traduire, en mélangeant les racines par « douleur du réconfort » : la souffrance de perdre ce qui nous entoure et où on se sent bien, un peu comme quand on quitte une maison pleine de souvenirs. 

Sauf que là, on la ressent en étant encore à l’intérieur. 

Quels sont les symptômes ? 

Ça peut être de la tristesse, de la colère, de l’angoisse, bien sûr, des insomnies, et même aller jusqu’à la dépression sévère. Il y a des dizaines de témoignages qui « broient du noir », « pleurent et font des cauchemars », sont « au fond du gouffre » ou celui-là, tiens, qui passe pour le rabat-joie en étant désespéré quand on annonce une belle journée avec 20 °C en plein hiver. 

Greta Thunberg, elle, avait, perdu l’appétit après avoir regardé un documentaire sur la fonte des glaces et les ours polaires. 

A force d’entendre parler de réchauffement, d’extinction, d’effondrement, notre mental en prend un coup. Et il est KO quand la prise de conscience, le déclic sur l’état de notre planète, se fait réellement. 

Y a-t-il des gens plus fragiles que d’autres ?

Non et ce serait bien arrogant de le penser. Beaucoup de témoins d’ailleurs sont les premiers surpris par leur état, qu’ils n’avaient pas vu venir. Mais impossible pour l’instant de savoir combien ils sont : la solastalgie n’est pas reconnue comme une maladie, même si les psychiatres s’y intéressent de plus en plus, particulièrement aux Etats-Unis.  

Il n’y a pas, donc, de "remède à la solastalgie", la prescription est plus militante que médicale : s’engager, y compris dans son quotidien avec les classiques "manger moins de viande" ou "passer au zéro déchet", des actions pour contrer les pensées négatives.

Et surtout accepter son état : c’est naturel d’être inquiet face à un monde qui va mal. Le docteur Alice Desbiolles, spécialisée en santé environnementale, dit même que les éco-anxieux sont « des gens normaux dans un monde malade ». Et elle sera l’invitée tout à l’heure de la Terre au Carré.

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